Le discernement – 58 pensées

Discerner, une lumière

Discerner, une lumière

2026 Sagesse

Daniel VigneLe discernement, 58 pensées inédites (1988-2025) ©www.danielvigne.fr [pdf 22 pages].

Le discernement

Sans lui, nous sommes plongés dans l’égarement (1), Mais comment sortir des ténèbres ? La pensée critique (2) est utile, mais ne suffit pas. Le discernement relève d’une lumière plus haute et très fine (2). Alors, face aux problèmes et aux difficultés (4), notre chemin s’éclaire (5).

1. Malheur de l’égarement

2006 – Nescience (4)

La connaissance-du-bien-et-du-mal, c’est la science expérimentale : celle, du moins, qui ne reconnaît pas d’autre principe que son insatiable curiosité. Celle qui commet le mal pour le connaître : qui brûle la planète en se faisant gloire de calculer, en « temps réel », l’étendue des dégâts !

Il y a des découvertes à ne pas faire, des expériences destructrices et inutiles. Tant que l’homme n’en a pas pris conscience, il s’enferme dans un cercle stérile. Qui le dégagera de ce mirage où sa vie se consume et s’épuise ?

2022 – Intelligence (1)

L’intelligence humaine est une puissance extrêmement ambiguë, du moins depuis qu’elle a mordu au fruit défendu. Capable de bien et de mal, du meilleur comme du pire, elle oscille comme une boussole devenue folle.

Ses œuvres les plus hautes, dans la science et la technique, sont à la fois fascinantes et inquiétantes : maîtriser l’énergie nucléaire, par exemple, lui a permis de mettre au point l’arme la plus destructrice qui soit. Comment assainir cette force prolifique et incontrôlable ?

2012 – Zizanie (1)

Comment les livres de Michel Laroche, frère Éphraïm, Mansour Labaky, Christian Pagano et d’autres peuvent-ils être d’une telle qualité intellectuelle si par ailleurs, sur le plan moral, leurs auteurs ne sont pas irréprochables ? Énigme douloureuse, car elle réveille chez moi le sentiment d’avoir parfois été trop confiant et naïf.

La première leçon que j’en tire est de ne pas me laisser éblouir trop vite par les talents de ceux que certains (ou moi-même) trouvent admirables, et de garder une petite réserve, une dose de prudence à leur égard.

2011 – TSS

Je suis devenu allergique aux sommations dichotomistes, aux positionnements exclusifs. Ainsi le « tout sauf Sarkozy » qui fait actuellement rage dans l’électorat français me paraît d’une parfaite bêtise.

Le « pour ou contre », de façon générale, m’insupporte. Tout problème posé en ces termes ressemble à la question : « Préférez-vous que je vous crève l’œil droit, ou le gauche ? »

Sous un tel diktat, la pensée est coincée, asphyxiée. Les méchants esprits qui s’en servent n’ont pas d’autre but que nous asservir. Mais mon âme reste libre !

2000 – « Paix »

J’ai souvent remarqué que ceux qui s’enfoncent dans une mauvaise voie affirment être « en paix » et sûrs de leur affaire. Comme si le fait même d’être en danger secrétait ce sentiment protecteur. Comme si le mal, pour nous atteindre, se faisait d’autant plus discret et indolore.

Tel est bien le problème : le mal ne fait pas mal, du moins dans un premier temps. À l’inverse, je me dis que mes incertitudes et mes hésitations sont peut-être le signe que j’essaie d’avancer dans la voie du bien ?

2021 – Discernement

Comment œuvrer avec des gens qui pensent de travers ? Comment collaborer avec des « hérétiques » ? La question, cette nuit, nous a empêché de dormir.

Les milieux alternatifs, dont nous sommes pourtant issus, cristallisent nos inquiétudes. Mais s’en éloigner avec crainte, ou simplement avec prudence, ne résout pas le problème car il se posera ailleurs et sous d’autres formes.

Une réflexion de fond est nécessaire sur notre devoir de bienveillance universelle, conjugué à celui d’une indispensable lucidité spirituelle.

2021 – Égarés (7)

Lucidité, Prudence, Bienveillance, Espérance : ces quatre mots d’ordre face aux égarements de mes frères humains sont intéressants non seulement en eux-mêmes, mais en ce qu’ils laissent de côté.

Beaucoup d’autres réactions, en effet, seraient possibles, que la Bible n’encourage pas. Elles tournent autour de ce que j’appellerais volontiers, avec Nietzsche, le ressentiment : une forme de mécontentement permanent, opiniâtre, sûr de son bon droit, dénonciateur, protestataire, autocentré, qui est un cancer de l’âme.

2021 – Égarés (1)

Dans le discernement qu’exigent les situations humaines, des éléments contradictoires se mêlent, que l’on peut rassembler autour de la tension entre vérité et amour.

Comment cautionner des choix dont nous savons pertinemment qu’ils sont faux et mauvais, tout en continuant à aimer vraiment les personnes qui les font ? C’est tout le dilemme.

Or le mal est multiple, l’erreur est partout, avec son cortège de désastre. Mais toi, Seigneur, tu nous as aimés et tu es mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs (Rm 5, 8) !

2021 – Égarés (2)

Une recherche biblique sur les mots « égarés » et « égarement » m’a beaucoup éclairé sur ce sujet et sur l’attitude à avoir envers ceux qui sont dans ce cas. J’ai dégagé quatre aspects du problème, le premier portant sur l’identification des causes de ce malheur. Je l’intitule Lucidité.

On y trouve une étiologie très précise du phénomène, elle-même comportant quatre données principales. La première est l’impiété (Ps 1, 5) ou éloignement de Dieu (Ba 4, 28), rupture qui, mystérieusement, peut avoir lieu avant la naissance (Ps 58, 4).

2021 – Égarés (3)

La deuxième est l’orgueil, que la Bible appelle « arrogance du cœur » (Ab 1, 3) et « prétention coupable » (Si 3, 24).

La troisième est l’ignorance, plus précisément le manque d’instruction (Sg 17, 1), d’où le manque de bon sens (Si 16, 23), la niaiserie et l’insouciance (Pr 1, 32), les rêves de la folie (Si 37, 4 ; Sg 16, 23).

La quatrième regroupe toutes les passions malsaines : convoitise, plaisir, malice, envie, haine (Tt 3, 3), amour de l’argent (1 Tm 6, 10 ; Jude 1, 11), désirs charnels, débauche (2 P 2, 18), désirs infâmes (Rm 1, 27) et beauté des femmes (Si 9, 8).

2021 – Égarés (4)

Ayant identifié le mal, la deuxième chose est de s’en protéger. La Bible est très claire : dans nos relations avec les égarés, qui sont inévitables, une attitude de Prudence s’impose. J’intitule ainsi le deuxième volet de mon enquête.

Il regroupe des conseils simples, mais tout à fait concordants : être sur ses gardes (2 P 3, 17), ne pas suivre, ne pas s’arrêter, ne pas s’asseoir avec les égarés (Ps 1, 1), ne pas se tourner vers eux (Ps 40, 5), ne pas se joindre à eux (Ps 26,9), enfin prier pour en être délivré, car « la foi n’est pas donnée à tous » (2 Th 3, 1-2).

2021 – Égarés (5)

Le troisième volet, que j’appelle Bienveillance, veut répondre plus positivement à la question : comment se comporter envers les égarés ? Là encore, les conseils de la Bible sont lumineux :

Ressentir de la commisération (He 5, 2), n’outrager personne, éviter les disputes, se montrer bienveillant, témoigner à tous une parfaite douceur (Tt 3, 1-3) – ceci quant à notre attitude générale et constante. Et de façon ponctuelle, dans la mesure où cela nous est donné : enseigner (Ps 51, 15), instruire (Is 29, 24), sauver leur âme (Jc 5, 20).

2021 – Égarés (6)

Le quatrième volet s’intitule Espérance. Il concerne ce que Dieu veut faire pour les égarés. De magnifiques paroles, d’un bout à l’autre de la Bible, montrent en effet qu’il a souci d’eux :

Il veut aller à leur recherche (Mt 18, 12), les ramener et les fortifier (Ez 34, 16), les rassembler et les rallier (Mi 4,6), les remettre dans la voie (Ps 25, 8), les faire paître et les garder (1 P 2, 25), les faire reposer (Ez 34, 15), oublier et effacer leurs égarements (Ps 25,7.18), et se réjouir à leur sujet (Mt 18, 13) !

 

2. L’esprit critique

2015 – Crains-crains (2)

On ne guérit pas de l’esprit critique en s’accusant d’être trop critique : il y a là un cercle dont il faut sortir, à un moment donné, par une autre voie que celle du reproche et de la culpabilité.

Je ferai donc de la critique un des ingrédients du discernement, et j’y verrai une qualité plutôt qu’un péché. Après tout, n’est-il pas précieux d’être lucide, prudent et avisé, plutôt que naïf et aveuglé ?

Mais cette conscience aiguë ne doit blesser personne, pas même soi-même. Elle doit être un outil de la charité.

2012 – Zizanie (2)

Remplacer la confiance par la méfiance, ce n’est pas gagner beaucoup au change. Il ne s’agit pas de devenir grincheux et cynique. Je dois mêler à ma prudence une dose d’espérance, d’indulgence, de « naïveté seconde », qui redynamise mon discernement et lui évite de s’enfermer dans un constat d’échec.

Après tout, nous sommes tous pécheurs ; les écrivains le sont donc aussi, et ils ont droit au pardon. Leurs écrits et leurs vies mêlent inévitablement le bon grain et l’ivraie. Laissons le jugement final à Dieu, et d’ici là, « picorons » le meilleur avec tact et sagacité.

2011 – Crisis (1)

Ai-je trop d’esprit critique et pas assez d’Esprit Saint ? En relisant ces pages, je m’aperçois qu’elles prennent souvent le contrepied d’une idée commune, d’un cliché ou d’un préjugé. Comme si j’avais besoin de l’erreur des autres pour construire ma propre pensée.

Les saints et les mystiques semblent au-delà de cette nécessité : ils boivent à la source, ils contemplent la vérité, sans passer leur temps à analyser son contraire. Peut-être mon style devrait-il évoluer dans cette direction plus sereine et moins dialectique, mais comment ?

2011 – Crisis (2)

J’aperçois une première façon de me dégager du « criticisme » qui est de le retourner contre lui- même : je veux dire, de passer de la critique à l’autocritique, de la dénonciation à la conversion. Après tout, que m’importent les erreurs et les errements des autres, si je ne corrige pas les miens ?

De plus, le cliquetis d’arguments intellectuels que je mets en œuvre contre eux, si perspicace et convaincant qu’il soit, ne vaut pas un seul authentique mouvement spirituel, un seul petit élan de charité.

Mais pour cela, je dois commencer par battre ma coulpe.

2011 – Crisis (3)

En réalité, je ne pense pas que la dimension critique de ma pensée soit si négative, ni qu’elle me détourne d’un effort sérieux de changement personnel. Ce que je pointe comme une erreur chez d’autres, je sais pertinemment que je le porte en moi.

De plus, mes analyses débouchent souvent sur une décision, une résolution, un effort de conversion et de transformation intérieure. Je ne peux donc dire que les errements des autres servent d’alibi à mon orgueil ni à mon auto-justification.

Pourtant, j’aspire à un certain renouvellement…

2011 – Ἄλας (1)

L’esprit critique est comme le sel : il en faut dans la nourriture, faute de quoi elle est insipide, mais pas dans la boisson, qui en devient imbuvable. Il faut du sel dans le pain, il n’en faut pas dans l’eau !

Ainsi la part « solide » de ma réflexion peut-elle garder son caractère dialectique et critique, qu’elle reçoit de la grande tradition philosophique. Mais sa part « liquide », c’est-à-dire poétique et mystique, doit rester pure et fraîche.

Ma joie la plus intime doit être sans amertume, comme l’eau d’un puits, d’un lac, ou d’un torrent de montagne.

2011 – Ἄλας (2)

Jésus lui-même l’a dit : « C’est une bonne chose que le sel » (Mc 9, 50 ; Lc 14, 34). Il ne parlait évidemment pas de cuisine, mais d’une lucidité critique dont les chrétiens sont spécialement porteurs, et qu’ils doivent mettre en œuvre dans leur regard sur le monde.

« Vous êtes le sel de la terre », dit encore le Christ (Mt 5, 13), en l insistant sur la nécessaire vigueur de cette perspicacité : ce sel ne doit pas s’affadir, ni se diluer dans l’esprit du monde : « Si le sel perd sa saveur, avec quoi l’assaisonnera-t-on ? » L’Évangile lui-même est assez « salé »…

2011 – Ἄλας (3)

Le christianisme est-il un criticisme ? Je ne récuserais pas la formule, à condition de la préciser.

L’originalité du christianisme, c’est de pousser la critique jusqu’à l’autocritique – dont Nietzsche est incapable, lui qui passe son temps à railler les erreurs des autres sans jamais se remettre en question. C’est aussi de faire de la critique un ingrédient de l’amour – dont le pauvre Nietzsche se moquait parce que, secrètement, il en avait soif.

Jésus le dit : « Ayez du sel en vous-mêmes (c’est-à-dire à l’égard de vous-même) et vivez en paix les uns avec les autres » (Mc 9, 50).

 

3. Lumière du discernement

2002 – Sagacité

Il est clair que la valeur d’une intelligence ne se mesure pas au nombre, ou à l’étendue, de ses connaissances. Ce n’est pas de façon quantitative, mais qualitative qu’il faut l’apprécier.

Quelle est donc cette qualité principale, indispensable, sans laquelle toute intelligence n’est qu’une lumière noire et un pouvoir dangereux ? Je réponds sans hésiter : le discernement.

Oui, malheur au savoir sans sagesse ! Mais heureux ceux qui, humblement, savent entendre la voix de l’Esprit et s’y conforment.

2016 – Diacrisis (1)

Le discernement des esprits, tel que l’enseigne la tradition ignacienne, me semble comporter une ambiguïté. Car tout se passe comme si l’instance ou la faculté à partir de laquelle s’opère ce discernement était une sorte de poste d’observation indépendant des « esprits » en question, une tour de guet d’où on les identifie comme amis ou ennemis.

Autrement dit une certaine lucidité intellectuelle (dûment instruite) nous permettrait de juger de la vie spirituelle. N’est-ce pas demander à l’intelligence quelque chose qu’elle ne peut donner ?

2016 – Diacrisis (2)

Discerner les esprits n’est pas du ressort de la raison, même si la raison peut y contribuer. Pour cette œuvre si subtile, je crains que les critères élaborés par l’intelligence ne soient que partiellement adéquats.

En vérité, l’intelligence est une fonction de l’âme : elle n’a donc pas à juger ce qui est du domaine de l’esprit. Elle a plutôt à se mettre tout entière à la disposition de l’Esprit, sous sa mouvance, en se laissant renouveler et purifier par Lui.

Discerner, en ce sens, est tout autre chose qu’un acte de connaissance objectivante.

2016 – Diacrisis (3)

Discerner n’est pas juger, mais consentir. Ce n’est pas par essence une démarche de l’intelligence, mais une attitude de la volonté. Attitude paradoxale, car ce qu’il s’agit de vouloir, c’est d’épouser le vouloir d’un autre, « plus intime à moi-même que moi-même ».

Le discernement est avant tout un acquiescement. Cette source si mystérieuse, nous y buvons comme à un « oui » serein et vivifiant. Pour cela nul besoin d’un appareillage théorique, d’un équipement compliqué : c’est un acte d’amour.

2016 – Sagesse (1)

Comment acquérir plus de discernement ? D’abord et avant tout, en reconnaissant qu’on en manque.

Il est tout à fait faux que le bon sens soit la chose du monde la mieux partagée ; le simple fait d’écrire cette bêtise montre qu’un grand philosophe dit parfois des stupidités. Mais moi qui le juge, je suis peut-être moi-même en train de me tromper !

Il est essentiel d’en avoir conscience : aucun de nous n’est assuré de ne pas faire erreur, y compris sur des sujets très graves. Je viens donc à Toi, Seigneur, comme un pauvre, une brebis perdue. « Viens chercher ton serviteur » (Ps 118, 176)…

2016 – Sagesse (2)

Le second pas en vue d’acquérir plus de discernement est de se mettre à l’écoute de la Voix intérieure, qui n’est autre que celle du Verbe. D’ouvrir un tant soit peu notre intelligence à Sa lumière, ce qui exige humilité et patience.

Si l’affaire pouvait être réglée d’un coup, et pour ainsi dire d’un coup de téléphone, nous serions comme téléguidés par la Sagesse divine. Mais celle-ci veut plutôt que nous entrions lentement dans Ses voies.

Le discernement, sauf en cas de révélation subite et charismatique, exige un long chemin d’apprentissage, d’apprivoisement, d’accoutumance…

2016 – Sagesse (3)

Le troisième pas vers le discernement n’engage plus tant l’intelligence que la volonté. Lorsqu’on a aperçu la lumière, l’essentiel est de s’en approcher.

Discerner n’est pas « y voir clair », comme le croient ceux qui ont sur tout sujet un avis tranché. Ce n’est pas saisir la vérité, mais la chercher à tâtons. Se croire exempt d’erreur, c’est commettre la plus grave de toutes.

Le discernement n’est donc pas affaire de lucidité, mais de courage. Le peu que je comprends m’invite à obéir à ce que j’ai compris. Alors, très progressivement, ma marche se fera plus ferme.

2015 – Dianoïa (2)

Le discernement, un des sept dons du Saint-Esprit, est le plus subtil de tous les charismes. C’est à lui spécialement que Jésus fait allusion en parlant de ce vent qui souffle où il veut et dont on ne sait d’où il vient, ni où il va.

Car discerner, c’est échapper aux étroitesses de la machine logique. C’est bifurquer d’un sentier tout tracé. C’est aller là où on ne nous attend pas, non par snobisme ni par désir d’originalité, comme chez les anticonformistes mondains (ceux-là, je les déteste), mais comme les saints.

2014 – Judicium (1)

Pour bien conduire sa vie, rien n’est plus important que le discernement. Mais comment discerner, donc juger, sans désobéir à celui qui a dit : « Ne jugez pas » (Mt 7, 1) ? Comment articuler, dans l’acte de discerner, la vérité et l’amour ? Comment se garder du mal sans voir le mal et sa gravité ?

J’ai du mal, pour ma part, à relier l’exigence de clarté, qui incite à ouvrir les yeux, et l’appel à la miséricorde, qui invite plutôt à les fermer. Entre lucidité et bienveillance, il y a comme un discernement de plus à opérer…

2012 – Primum (1)

Rien n’est plus important que de savoir ce qui est le plus important. Cela peut paraître une tautologie, mais n’en est pas une.

Car la prise de conscience de cette priorité n’est pas seulement une façon de hiérarchiser des activités, mais la décision de placer, à leur sommet, l’acte même qui consiste à les hiérarchiser.

En d’autres termes, ce qui est premier, ce n’est pas ceci ou cela, mais c’est la capacité de choisir, de préférer ceci à cela. L’essentiel, c’est de savoir discerner l’essentiel. Me suis-je fait comprendre ?

2012 – Primum (2)

Dans l’acte qui consiste à « distinguer l’important de l’urgent », comme dit Saint-Exupéry, il y a des éléments parasites, qui s’y glissent de façon à se confondre avec lui, mais qui doivent eux-mêmes en être distingués.

Par exemple le sentiment de ne jamais en faire assez, donc d’être coupable de paresse et de lâcheté. Ce poison s’instille dans nos meilleures décisions, et les corrompt : car il met le choix du bien sous le signe du mal, la liberté à l’ombre du reproche.

La culpabilité, c’est le ver dans le fruit, c’est le venin du diable dans notre esprit.

2012 – Intimior

Je voudrais retrouver le sens très vif, dont je faisais l’expérience dans les premiers temps de ma conversion, de la présence et de la « guidance » du Saint-Esprit en moi.

Cet appel à l’Hôte intérieur, ce colloque silencieux avec Celui qui m’instruit et me dirige, n’est-ce pas l’essentiel de la vie chrétienne ?

Cet abandon très doux, cette écoute à la fois très simple et très profonde, c’est la lampe qui s’allume au fond du cœur, c’est la lumière qui guide mes pas.

Oh ! ranime cette flamme, Seigneur, et qu’elle m’accompagne !

2002 – Moralité

La qualité essentielle de l’intelligence est le discernement. Quel est le critère essentiel de la vie morale ? Kant l’a bien montré : c’est la bonne volonté, ou volonté du bien, comme le discernement est la connaissance du vrai.

L’intention bonne est à l’action ce que le discernement est à la connaissance : son axe et sa boussole. Malheur à ceux dont la conscience morale oscille, vacille, et part de biais !

Mais « heureux, impeccables en leur voie, ceux qui marchent dans la Loi du Seigneur… » (Ps 118, 1).

1993 – Discernement

La vie spirituelle a, me semble-t-il, un seul principe : le discernement. Encore convient-il de ne pas le confondre avec la « connaissance-du-bien-et-du-mal » qui en est la forme charnelle et déchue.

Le discernement est connaissance non-duelle, unifiante et unifiée. Il est accès à un Bien qui n’est ni l’opposé, ni la négation du mal, et qui échappe à toute symétrie positionnelle.

Discerner n’est pas choisir, mais sentir et acquiescer. Le discernement est consentement.

1992 – Discernement

L’œuvre intérieure par excellence est peut-être le discernement des esprits. Je l’entends dans un sens musical, comme une permanente écoute, un accord.

L’âme est cet instrument fragile, que la moindre chaleur fausse et détend. L’esprit est le violoniste, attentif aux moindres écarts, et capable de les compenser, de les corriger, de s’en montrer maître. Discerner, c’est jouer juste… parfois même sur un instrument faux.

1988 – Noèse

Quelle est l’urgence ? L’urgence est de savoir. De savoir quoi ? Quelle est l’urgence. C’est-à-dire ? Ce qu’il faut savoir maintenant. Autrement dit : l’essentiel, c’est la sagesse (1 R 3).

2006 – Nescience (2)

Si ce n’est pas la connaissance qui doit me servir de guide dans le dédale du bien et du mal, si ce n’est pas à l’intelligence que je dois faire appel pour éviter le dérapage fatal, à quoi donc ? À l’obéissance et à la confiance, c’est-à-dire à une sorte d’intuition amoureuse, de sage instinct qui vient du cœur.

C’est cette disposition que Dieu voulait susciter en Adam. Il ne lui barrait pas autoritairement la route : la suite l’a prouvé, il respectait sa liberté. Mais il lui donnait le meilleur conseil qui soit : « N’en fais pas qu’à ta tête »…

2006 – Nescience (3)

C’est donc par une sagesse innée, par une orientation profonde de ma personne et de ma volonté, que j’éviterai de tomber dans les pièges dont il me faudrait ensuite, péniblement, me dégager.

Nul besoin de me jeter dans le feu pour voir s’il me brûle, ni de me couper la main pour voir si elle va me manquer ! Suffit d’écouter la voix intérieure, elle m’épargne bien des détours. Et quand bien même je me suis égaré, mutilé, empoisonné, autodétruit, c’est elle qui me ramène, me reconstruit, me purifie et me guérit.

2006 – Discernement (1)

Un léger bruit, au milieu de la nuit, me réveillera-t-il ? La réponse met en jeu une problématique subtile, dans laquelle la nature de l’esprit révèle sa double et triple profondeur.

Car on peut dire, à un premier degré d’explication, que le bruit me réveillera si je le perçois comme suspect et inhabituel.

Mais cela suppose qu’à un niveau plus profond, se soit opéré un discernement qui mobilise déjà mon intelligence et ma mémoire : car comment ai-je jugé que ce bruit n’était pas ordinaire ? Il y faut tout un examen…

2006 – Discernement (2)

Plus profondément encore, nous pouvons nous demander : comment l’esprit sait-il quels sont les bruits qu’il faut confronter à notre expérience et à nos connaissances antérieures, pour voir s’ils s’y intègrent ou s’ils méritent qu’on y fasse attention ?

Ce troisième niveau est le plus mystérieux, car tout se passe comme si l’esprit, en deçà même de la conscience, était porteur d’une étonnante capacité de jugement.

C’est un grand art et un grand savoir que de savoir juger de ce qui mérite ou ne mérite pas d’être jugé…

2006 – Discernement (3)

On peut imaginer, certes, qu’à tout instant l’esprit mobilise l’intelligence et la mémoire de façon minimale et quasiment passive, analogue à l’antivirus d’un ordinateur.

Toutes les perceptions seraient ainsi « scannées » mécaniquement, et celles qui n’entrent dans aucune case existante seraient confiées à des « centres de tri » plus spécialisés, qui décideraient de déclencher ou non l’alerte qui nous tirera du sommeil.

Mais cette comparaison avec l’informatique n’est qu’à moitié éclairante. Il lui manque un élément essentiel.

 

4. Face aux problèmes

2025 – Gordias

À un problème complexe, répond une solution simple. J’ai eu cette phrase en tête une partie de la nuit. De fait, si la solution est de même nature que ce qu’elle doit résoudre, elle exige toutes sortes de précautions, de préalables, de nuances qui font d’elle un problème supplémentaire.

Ce n’est pas de cette manière qu’on sort de la difficulté : au contraire, on l’aggrave. La seule façon saine et efficace de dénouer le nœud gordien, c’est de le trancher. Je ferai bien, à l’avenir, de m’inspirer davantage de ce principe. Merci Alexandre !

2015 – Pathémata

D’où sortent nos tristesses ? D’où naissent nos colères ? Comment des sentiments de lassitude et de découragement peuvent-ils suivre de si près nos élans d’enthousiasme et d’euphorie ? Par où s’infiltre en nous la peur, par où la jalousie ?

J’essaie lentement de déchiffrer ce réseau de « passions » qui nous enserre et nous affecte à longueur de journée. Pas facile, car le ressenti est une forme de conscience, donc il influence et fausse bien souvent la conscience que nous tentons d’avoir de lui ! Ainsi, se rendre compte qu’on est triste ne nous rend pas joyeux…

2015 – Mesure

En bien des occasions, je constate qu’en faire trop cause davantage de problèmes que ne pas en faire assez, et que le plus minime excès peut avoir des conséquences désastreuses.

Il en va d’une logique de seuils : en dessous d’une certaine dose, tel médicament, par exemple, n’a aucun effet. Mais si on en abuse un tant soit peu, il nous tue !

Moralité : veiller à une certaine retenue. Les grandes ambitions mènent à la catastrophe. La modestie et la prudence, jointes à la persévérance, nous conduisent au salut.

2001 – Colère

Il n’y a de colère que là où il y a un bien à protéger, une valeur à défendre. La perversité pure est sans colère ; elle est même calme et lucide. L’irritation, au contraire, procède toujours du choc entre un mal et un bien. La colère « est un bien, car c’est le signe d’un mal », comme disait Lanza à propos de la douleur.

Mais parfois le mal en question est perçu de façon approximative, trompeuse ou fragmentaire. En se révoltant contre un faux mal, la colère alors le redouble : loin de le neutraliser, elle l’aggrave. Elle est elle-même un faux bien.

2021 – Vigilance

Que la complexité des situations et des personnes humaines m’empêche de les tirer au clair en ayant accès à leur ultime vérité, c’est malheureusement un fait. Mais cela n’implique pas pour autant que je doive renoncer à les connaître et à discerner, en elles, tel ou tel élément dont je dois me garder.

Il ne s’agit pas de jugement définitif, mais de mesure de prudence et de précaution. On ne monte pas dans la voiture d’un chauffard, quand bien même on ne sait pas s’il va avoir un accident. Ouvre l’œil, Daniel !

2024 – Crispations (3)

Pour éviter ou résoudre un conflit, il faut donc à la fois du raisonnement et de l’intuition, du discernement et de l’empathie. Mais si l’intelligence et la sensibilité doivent ensemble être mobilisées, c’est sous la conduite de la volonté, qui a le rôle suprême.

Car l’affectivité, dans ces situations, peut elle aussi nous faire dévier du but en remuant des sentiments encombrants et vaseux. Finalement, un conflit ne s’arrête (ou mieux encore, ne s’enclenche pas) que si je le veux vraiment et fermement, un point c’est tout !

2024 – Crispations (1)

Comment échapper à l’engrenage des malentendus, incompréhensions, rancunes et autres détestables pathologies qui encombrent ma relation aux autres ? Et si je m’y trouve malheureusement embarqué, comment y résister ?

La question n’est pas mineure. Elle sollicite en premier lieu mon intelligence, car pour résoudre le problème, il faut d’abord en avoir conscience : identifier les phénomènes, repérer les symptômes, diagnostiquer la maladie, première étape indispensable du chemin vers les solutions !

2024 – Crispations (2)

En toute situation de désaccord ou de friction, disais-je, la priorité est à la lucidité, cet acte de l’intelligence qui permet d’y voir clair, de mettre les choses un peu à distance, de ne pas laisser le tourbillon de la colère m’emporter.

Mais cette mise en lumière est très difficile, ou pire encore, peut être contre-productive, si elle ne s’appuie pas sur les sources du cœur. Car sans la chaleur de l’amour, ma lucidité froide tend immanquablement à repérer les torts de l’autre plutôt que les miens, ce qui n’arrange rien !

 

5. Un droit chemin

2015 – Dianoïa (1)

J’entrevois comme un plan supérieur de compréhension des choses, des personnes et des événements. Un point de vue différent de celui que la réalité immédiate nous impose quand on a le nez dessus, sans recul, sans discernement.

Mais ce niveau d’intelligence est difficile à atteindre, car il renverse le plus souvent notre premier penchant. À la peur, par exemple, il substitue la confiance ; à l’enthousiasme superficiel, la prudence ; aux fausses évidences, la conscience de la complexité ; à la colère, la douceur…

2014 – Guidance

J’ai compris très tôt, me semble-t-il, que l’intelligence était une puissance ambiguë et qu’il ne fallait pas tout miser sur elle.

Dès mon enfance, j’ai voulu faire place aux forces du cœur comme supérieures à celles de la pensée.

D’où un mode de vie qui a toujours comporté une part d’intuition et d’improvisation. Ma musique et mes pensées en témoignent, mais aussi la façon dont je me laisse souvent guider, au quotidien, par « l’occasion ».

Jusqu’ici, et malgré quelques aléas, ce choix m’a plutôt réussi.

2025 – Sobriété

Comme les aliments corporels, les nourritures intellectuelles nous pénètrent et nous transforment. Ce que l’on picore ici ou là n’est pas sans effet sur notre santé physique et mentale.

Il faut prendre sérieux ce principe : rien n’est anodin, rien n’est banal. Le coup d’œil qu’on jette dans un magazine, la petite info qui inquiète ou qui souille, la bande dessinée qui trouble, sans parler des milliers de clips qui défilent sur les portables de nos adolescents, tout cela est à éviter.

2021 – Épicentre

Dans mon regard sur le monde, j’aimerais disposer d’un critère simple de jugement, ou du moins de discernement. Tant de questions, de situations, de convictions s’y agitent ! Ce dédale est inextricable.

Mais je pressens que la personne du Christ en est la pierre de touche. C’est autour de lui, invisiblement, que tout gravite. C’est par rapport à lui, secrètement, que tout prend sens.

Et parce qu’il fait corps avec son Église, malgré l’indignité de ses membres, c’est à travers elle aussi que se joue le sort du monde. Qu’il la soutienne !

2021 – New

Le désir de changement est un sentiment à examiner et à discerner. Il peut avoir deux ou trois provenances assez différentes.

La plus douteuse est de l’ordre de la « bougeotte » et de l’insatisfaction chronique.

La plus commune est une insuffisante ponctuelle, comme de se dégourdir les jambes après avoir été longtemps assis.

La plus noble est une aspiration au meilleur, une volonté d’élévation spirituelle.

La première est à écarter, la deuxième à respecter, la troisième à encourager.

2015 – Logia

Le théâtre intérieur de nos pensées, comme il vaut la peine d’être examiné ! Elles vont et viennent, s’agitent sur le devant de la scène, puis disparaissent en coulisse, avant de resurgir quand on ne les attend pas. Impossible ou presque de diriger leur ballet, tant elles déjouent nos efforts de maîtrise.

Je comprends que les moines du désert aient pu faire du discernement des pensées leur activité principale et pour ainsi dire leur métier, tant il y a de quoi faire ! À ma petite mesure, j’apprends à déchiffrer ce spectacle alambiqué.

2000 – Tilt

La spiritualité, c’est la précision. Une précision extrême, dépassant celle qu’exige l’intelligence ou qu’obtient le calcul. Une justesse si exacte, si fine, qu’aucun critère ne peut en être donné, qui ne la trahisse.

La spiritualité ne se fabrique pas, ne se décrit pas, ne s’objective pas : elle est toujours derrière le regard qui l’observe, non pas devant. C’est pourquoi les saints ne sont pas imitables et sont si différents.

Rien ne peut être décrit comme une caractéristique commune à toutes les formes de la vie spirituelle, sinon que par-delà leur diversité, elles sont précisément spirituelles.

2016 – Sagesse (4)

« Celui qui fait la vérité vient à la lumière » (Jn 3, 21). Notons l’ordre des mots, qui inverse celui de la fameuse maxime : « Voir, juger, agir ».

Nous croyons que l’action découle de la connaissance, que notre savoir préexiste à nos actes. Ce schéma fonctionne dans le domaine technique, où l’intelligence est reine, mais il est inadéquat à la vie spirituelle, qui gravite autour du cœur.

C’est de notre cœur – non comme foyer d’émotions, mais comme centre existentiel – que tout doit partir. Il faut faire afin de comprendre, marcher pour découvrir où l’on va.

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Table

1. Malheur de l’égarement

La connaissance-du-bien-et-du-mal : n° 51,672 – 13.01.2006
L’intelligence humaine : n° 67,839 – 22.01.2022
Comment les livres de Michel Laroche : n° 58,511 – 27.08.2012
Je suis devenu allergique : n° 57,614 – 19.09.2011
J’ai souvent remarqué : n° 46,555 – 13.09.2000
Comment œuvrer avec des gens : n° 67,127 – 20.02.2021
Lucidité, Prudence, Bienveillance, Espérance : n° 67,135 – 24.02.2021
Dans le discernement qu’exigent : n° 67,128 – 20.02.2021
Une recherche biblique sur les mots : n°n67,129 – 21.02.2021
La deuxième est l’orgueil n° 67,130 – 21.02.2021
Ayant identifié le mal : n° 67,131 – 22.02.2021
Le troisième volet : n° 67,132 – 22.02.2021
Le quatrième volet : n° 67,133 – 23.02.2021

2. L’esprit critique

On ne guérit pas de l’esprit critique : n° 61,536 – 13.08.2015
Remplacer la confiance : n° 58,512 – 27.08.2012
Ai-je trop d’esprit critique : n° 57,539 – 16.08.2011
J’aperçois une première façon : n° 57,540 – 16.08.2011
En réalité, je ne pense pas : n° 57,541 – 17.08.2011
L’esprit critique est comme le sel : n° 57,542 – 17.08.2011
Jésus lui-même l’a dit : n° 57,543 – 18.08.2011
Le christianisme est-il un criticisme : n° 57,544 – 18.08.2011

3. Lumière du discernement

Il est clair que la valeur : n° 48,172 – 20.02.2002
Le discernement des esprits : n° 62,373 – 09.06.2016
Discerner les esprits : n° 62,374 – 09.06.2016
Discerner n’est pas juger : n° 62,375 – 10.06.2016
Comment acquérir plus de discernement : n° 62,773 – 14.12.2016
Le second pas en vue d’acquérir : n° 62,7741 – 4.12.2016
Le troisième pas vers le discernement : n° 62,775 – 15.12.2016
Le discernement, un des sept dons : n° 61,348 – 17.05.2015
Pour bien conduire sa vie : n° 60,219 – 08.03.2014
Rien n’est plus important : n° 58,681 – 24.12.2012
Dans l’acte qui consiste : n° 58,683 – 25.12.2012
Je voudrais retrouver le sens très vif : n° 58,375 – 25.06.2012
La qualité essentielle de l’intelligence : n° 48,173 – 21.02.2002
La vie spirituelle a, me semble-t-il : n° 38,159b – 00.06.1993
L’œuvre intérieure par excellence : n° 37,137b – 00.03.1992
Quelle est l’urgence : n° 34,007a – 00.00.1988
Si ce n’est pas la connaissance : n° 51,670 – 11.01.2006
C’est donc par une sagesse : n° 51,671 – 12.01.2006
Un léger bruit, au milieu de la nuit : n° 52,253 – 05.06.2006
Plus profondément encore : n° 52,254 – 05.06.2006
On peut imaginer, certes : n° 52,255 – 06.06.2006

4. Face aux problèmes

À un problème complexe : n° 71,125 – 18.02.2025
D’où sortent nos tristesses : n° 61,580 – 04.09.2015
En bien des occasions, je constate : n° 61,442 – 30.06.2015
Il n’y a de colère : n° 47,314 – 01.06.2001
Que la complexité des situations : n° 67,535 – 31.08.2021
Pour éviter ou résoudre un conflit : n° 70,692 – 01.11.2024
Comment échapper à l’engrenage : n° 70,686 – 29.10.2024
En toute situation de désaccord : n° 70,691 – 01.11.2024

5. Un droit chemin

J’entrevois comme un plan supérieur : n° 61,347 – 17.05.2015
J’ai compris très tôt : n° 60,657 – 30.09.2014
Comme les aliments corporels : n° 71,785 – 27.12.2025
Dans mon regard sur le monde : n° 67,110 – 11.02.2021
Le désir de changement : n° 67,157 – 07.03.2021
Le théâtre intérieur de nos pensées : n° 61,579 – 04.09.2015
La spiritualité : n° 45,483 – 06.02.2000
Celui qui fait la vérité : n° 62,776 – 15.12.2016

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