La digue
Aux morsures des vagues inlassables
À la corrosion du sel et du vent
À la poussée des marées formidables
Elle résiste – pour combien de temps ?
Creusée de plaies où l’écume bouillonne
Éperonnée d’oiseaux blancs criailleurs
Ivre des tourbillons qui l’environnent
Comment survit-elle à tant d’agresseurs ?
Je pose pourtant sur elle un pas sûr
Et, tournant ma face vers le grand large
– Ah ! les embruns caressant mon visage !
La pensée de l’Éternel me rassure :
En lui, quand la tempête fera rage
Je me blottirai comme un coquillage.
Daniel Vigne