Belle

Matisse, Nu bleu, 1952

Matisse, Nu bleu, 1952

2002 Poèmes

Belle

 

Qui traça le contour de ses paupières,
Qui dessina le galbe de ses mains ?
Qui décida de sa voix tendre et fière,
À qui dois-je la courbe de ses reins ?

À moi donnée comme une amie sereine,
Comme une plaine en fleurs, comme un jardin,
Elle m’a fait roi car elle était reine,
Couronnée des promesses du matin.

Entre ses bras mon cœur est resté ferme,
Elle n’a pas mis mon âme à genoux
Je l’ai choisie comme une autre moi-même
Nos deux voix unies savent dire Nous.

Que l’avenir nous apporte sa gerbe
De bonheur et d’épreuve entremêlés :
Nous étreindrons tout, l’ivraie avec l’herbe,
Et le coquelicot avec les blés.

 

Daniel Vigne

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