Du fruit défendu au pain rompu : Bible et nourritures

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La corbeille de pain, tableau de Salvador Dalí - Musée Dalí, Figueras, Espagne

La corbeille de pain, tableau de Salvador Dalí - Musée Dalí, Figueras, Espagne

2011 Audio Conférences

Daniel Vigne, « Du fruit défendu au pain rompu : Bible et nourriture(s) », conférence au Deuxième Festival de Cinéma et de Gastronomie (Gayan, 1er octobre 2011). [pdf]

Daniel Vigne - Du fruit défendu au pain rompu : Bible et nourritures - 2011

Du fruit défendu au pain rompu : Bible et nourritures

Parcourons ensemble de ce gros livre qu’est la Bible. Il est petit entre mes mains, mais comme vous le savez, c’est une bibliothèque. Et cette collection de livres, nous pouvons la parcourir de la Genèse à l’Apocalypse avec le thème de la nourriture comme clé de lecture.

Car, comme je vais tenter de le montrer en détail, la Bible a un fil conducteur, elle comporte une histoire dans l’histoire, et cette une histoire a rapport avec l’alimentation. Depuis le récit du jardin d’Éden, que tout le monde connaît, jusqu’à la résurrection et la Jérusalem nouvelle dont parle l’Apocalypse, la question de manger, de ce que l’on mange, de ce que l’on boit, de ce que l’on ne mange pas non plus (bref, la question des codes, mot que je reprendrai ce tout à l’heure en le reliant à la nourriture) est vraiment cruciale.

Ce parcours, je vous le propose en trois étapes qui sont comme trois registres sur lesquels la Bible nous parle de nourriture :

– le registre du don ; nous allons commencer par là.

– le registre du code, de la codification, on pourrait dire de la loi.

– et le registre du pardon (je n’ai pas trouvé de meilleur mot), au sens de quelque chose qui vient par-dessus le don, par-delà le don, d’un au-delà du don, d’un nouveau don.

Ces trois registres, on peut aussi les nommer :

– le registre de la confiance,

– le registre de l’alliance et de l’obéissance (les codes),

– et puis le registre de la renaissance, de la vie nouvelle.

Ces trois moments correspondent à trois volets de l’histoire biblique, à commencer, vous vous en doutez, par ce jardin d’Éden où tout commence.

1. Le jardin d’Éden

Mettons les choses au clair : je ne suis pas fondamentaliste, pas littéraliste, pas créationniste au sens étroit du terme. Je crois à la Création, mais je ne prends pas ce récit pour un reportage sur les origines de l’homme. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit. C’est une sorte de mythe (le mot ne me fait pas peur) qui nous fait comprendre la condition humaine. Adam, ce n’est pas « Monsieur Adam », tel ancêtre précis de l’humanité. En hébreu, Adam veut dire le terreux, certains traduisent le glébeux ; bref, celui qui est fait de terre et de sang. C’est donc l’homme, tout simplement. Dans la Bible, d’un bout à l’autre, lorsque l’on voit Adam, c’est pour désigner l’homme. Et donc cet homme-là, c’est nous.

C’est nous-même, placé dans un jardin. Là aussi, inutile de chercher dans quel coin de la planète se situerait ce jardin, ce paradis perdu. Il est moins dans le passé de l’humanité que dans les profondeurs de notre existence et de notre condition. Il suffit d’ouvrir les yeux pour le voir, l’entrevoir, le jardin. Il est à portée de main. Souvent recouvert, sali, abîmé par bien des choses, mais accessible. Pascale me disait à l’instant qu’elle avait préparé et conçu, pour que nous la mangions après ma causerie, une « offrande », comme quelque chose qui vient à la fois du désert et du paradis. Nous vérifierons tout à l’heure que ces fruits ont quelque chose de paradisiaque.

La bénédiction initiale

Et qu’est-ce qui définit le paradis, l’alimentation paradisiaque ? Réponse : ce que j’ai appelé le registre du don, de la gratuité. Manger, au paradis, c’est tendre la main pour recevoir. Non pour prendre, non pour saisir, non pour arracher, non pour dévorer, mais pour contempler, respecter, cueillir avec délicatesse et respect. Manger, ici, ce n’est pas tuer : c’est préserver, c’est admirer, c’est goûter, c’est savourer. Et quand on mange comme ça, on est au paradis.

Dès le chapitre premier de la Genèse, une parole m’a frappé : après avoir créé l’homme et les animaux, les premiers mots que Dieu adresse à l’homme sont : Soyez féconds ; bénédiction de la sexualité. Et juste après : Je vous donne toutes les herbes portant semence qui sont sur toute la terre, tous les arbres qui ont des fruits portant semence, ce sera votre nourriture ; bénédiction de l’alimentation. Ainsi la première fois que Dieu parle à l’homme est pour lui dire, « soyez féconds, homme et femme ; c’est bon ». Et pour lui dire : « je vous donne à manger ».

Le deuxième chapitre, de même, met en scène l’homme dans son rapport premier au monde, dans un jardin porteur de fruits beaux à voir et bons à manger. Et dans ce deuxième récit de la création (car vous savez qu’il y a dans la Bible deux façons de raconter les origines, ce qui montre au passage que ce n’est pas la peine de prendre ces récits à la lettre, l’auteur du texte nous montrant lui-même qu’il y a plusieurs façon de raconter ces choses là), comme en écho précis précédent, la première parole que Dieu adresse à l’homme, c’est celle-ci : Tu peux manger du fruit de tous les arbres du jardin.

Tu peux manger ! non seulement sur le mode de l’autorisation un peu condescendante, mais sur le registre du don, du cadeau, de la gratuité envers un homme qui est mis en situation de liberté. L’alimentation comme geste libre, comme geste heureux, comme forme de communion avec ce qui nous entoure – et en même temps, d’interdépendance, car si je dois me nourrir, c’est que j’en ai besoin, que je ne me suffis pas à moi-même. S’alimenter c’est dépendre de…. donc manifester une interdépendance entre l’homme et le monde. C’est montrer leur lien profond.

Les herbes et les fruits

On aurait pu peut-être s’en tenir là, à cette espèce de jubilation pleine de respect. Ce que suggère ici la Genèse, vous l’avez entendu, c’est que l’homme ne tuait pas pour manger. Plus tard, le décor va changer, mais ici, il ne tue pas : il cueille. Osons le dire, il est végétarien, puisque la phrase que je viens de vous lire, au chapitre 1, dit très clairement : Je vous donne toutes les herbes, tous les fruits… ce sera votre nourriture. L’animal n’est pas consommé. Intéressant pour ceux d’entre nous qui se posent des questions à ce sujet, n’est-ce pas ? Faut-il tuer pour vivre ? Il semble que la Bible nous trace au départ un autre projet, une autre modalité d’existence que celle d’une vie, qui impose et exige la mort d’autres êtres vivants.

L’arbre qui vous donne ses fruits n’en meurt pas, au contraire : on dirait qu’il fabrique ses fruits pour qu’ils soient mangés. Cette réflexion est peut-être naïve et anthropomorphique, mais j’ai vraiment l’impression qu’un arbre fabrique ses fruits pour donner à d’autres êtres l’envie d’en manger. Il leur donne une forme, une couleur, une saveur, un parfum qui témoigne d’une sorte de stratégie du végétal. Un peu comme les fleurs qui répandent leur parfum pour attirer les insectes et être pollenisées.

Donc, dans cette joyeuse, heureuse et primordiale interdépendance des êtres entre eux, la mort n’a pas encore fait son entrée. La violence et la peur qui l’accompagnent sont comme absentes. Cela ne va pas durer longtemps, semble-t-il, puisque dès la troisième page de ma petite Bible, déjà, le décor change. Le registre du don va se trouver comme brisé, faussé, et brisée la confiance qui allait avec.

Le fruit défendu

Attardons-nous un peu sur ce problème, puisqu’il fait partie de mon titre. Juste après le Tu peux manger, Dieu ajoute en effet : mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas, car le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement. On a écrit des livres sur cette phrase et je ne vais pas m’y aventurer de façon trop précise, mais je voudrais dire qu’il y a au moins un contresens sur lequel il ne faut absolument pas buter.

Ce contresens serait le suivant. Le Créateur, qu’on peut appeler ici le Dieu pervers (je veux dire sa caricature) aurait placé l’homme dans le jardin, avec cet arbre particulièrement séduisant et tentant, pour le mettre à l’épreuve ; pour lui donner envie, en quelque sorte, de faire ce qu’il ne fallait pas faire. C’est le registre de l’interdit, qui est l’exact contraire du don. Le don offre et dit qu’il offre. L’interdit est ce qui vient casser cette confiance, cette gratuité et qui y introduit de la méfiance. Voilà l’image possible du Dieu pervers qui, pour ainsi dire, tend un piège à l’homme. Et ce benêt d’Adam, naïf qu’il était, serait tombé comme Dieu l’avait prévu. Le piège était trop bien tendu !

À cette lecture perverse s’ajoute celle du Dieu vengeur, qui attend l’homme au tournant. « Je te préviens, si tu fais ça… », comme on dit aux enfants : « Si tu fais ceci, tu vas avoir cela. » Immanquablement, l’enfant fait ce qu’il ne faut pas faire, et la sanction arrive. Donc, dirait Dieu, tu vas manger et je vais te tuer. Comme si Dieu était le premier violent de l’histoire biblique. Vous connaissez sûrement cette phrase terrible de Diderot : « Le Dieu des chrétiens est quelqu’un qui aime beaucoup ses pommes et très peu ses enfants ». C’est terrible, c’est l’image même du Dieu pervers.

Cette lecture est possible, elle est même tentante. Mais osons le dire : si elle nous tente, c’est justement parce que nous sommes des êtres déjà blessés par le péché. Notre esprit est tordu. Donc nous voyons Dieu comme tordu, comme un être méchant, qui n’attend qu’une chose, c’est que nous tombions dans le piège qu’il nous a tendu pour pouvoir nous en punir.

Mais une autre lecture est possible : Dieu ne tente pas l’homme, ne lui tend pas un piège. Ayant créé l’homme libre, il respecte sa liberté. Par définition, le registre du don, de la gratuité ne peut pas être imposé à l’homme. Dieu ne peut pas lui dire : « Tu vas forcément vivre heureux dans cette communion, cet échange heureux que je te propose. » Il ne peut que lui dire : « Je ne t’impose pas d’être heureux, tu peux faire un autre choix. Tu peux choisir de te détruire. »

Mais il le prévient : « Si tu le fais (et je ne pourrai pas t’en empêcher), c’est à toi-même que tu feras du tort ». Le « tu mourras certainement » n’est pas l’avertissement d’un Dieu qui s’apprête à punir : je le répète, c’est sur le registre d’une liberté pleinement accordée qu’il faut entendre ces mots. Dieu dit à l’homme : « Je te donne tout, mais je te donne aussi la liberté de ne rien prendre de la liberté que je t’offre. » C’est une parole d’amour. Ce n’est pas la parole d’un Dieu pervers, mais celle du Dieu paternel qui dit à l’enfant : « Tu vois le feu, ça brûle. Ca te fera du mal. Ce n’est pas moi qui vais te faire du mal. C’est le mauvais usage de ta liberté qui peut te détruire, par lequel tu peux toi-même te détruire. »

« Tu mourras ? »

Il y a d’ailleurs une nuance dans le « tu mourras certainement ». En français, ce mot suggère précisément que ce n’est pas certain. « Ça risque fort de t’arriver », tel est à peu près le sens, n’est-ce pas ? Du reste, Adam et Ève vont manger du fruit et ne vont pas tomber raides morts. Le ciel ne va pas leur tomber sur la tête ! Ils vont vivre encore longtemps, bien plus longtemps que nous puisque d’après la Bible en tout cas, Adam atteint l’âge de 930 ans. C’est légendaire, mais cela montre en tout cas qu’il n’a pas été foudroyé sur le coup ! On peut dire qu’il lui a été accordé un délai, un délai de miséricorde. Que si ce fruit était nocif, il l’était modérément. Et que la mort d’Adam n’est pas la punition foudroyante d’un geste malheureux, mais sa conséquence lointaine et très lente.

Car Adam va mourir, certes, mais va mettre le temps. Et je répète, sa mort sera moins la sanction de son geste que l’effet lointain d’une dérive, d’une mécompréhension, d’un énorme malentendu. Adam va sortir du paradis, oui, mais pas à coups de pieds au derrière ! Il va sortir car il ne comprend plus quel était le projet de Dieu sur lui. Parce qu’il n’entend plus le langage de la gratuité. Adam ne comprend plus qu’il pouvait vivre sans tuer.

Car le fameux péché originel, qu’est-ce-que c’est ? C’est la rupture du registre de la gratuité. Au lieu d’être devant cet arbre dans la confiance, dans la sérénité, au lieu de le contempler, il a rapté le fruit, il y a mordu. Il a cassé les branches. Au lieu de jouir du parfum de l’arbre, de s’asseoir à son ombre, il a voulu emmagasiner. Il a cru que ce geste allait lui rapporter. Il rentre dans le calcul. Et le serpent qui est là, suspendu à l’arbre, y introduit le geste du calcul. « Tu fais ça, tu vas voir, cela va te rapporter, tes yeux vont s’ouvrir, tu vas devenir très intelligent, tu sauras faire des affaires »…

Le fruit devient le profit, la jouissance dans ce qu’elle a de privatif et de violent, parce que toute jouissance implique une violence. Et quand la perversion est complète, c’est la violence elle-même qui devient jouissive. Voyez comme tout est tordu. Et le pauvre Adam se retrouve dans le désert, dans la garrigue, après avoir vécu dans ce jardin merveilleux, parce qu’effectivement dans sa tête déjà, tout s’est tordu.

Le code de l’Alliance

Alors commence le second registre, et cela juste après la faute, puisqu’il est dit à l’homme : Tu mangeras à la sueur de ton front. Ce n’est pas une malédiction, c’est simplement le constat des conséquences. Tu ne sais plus ce qu’est la gratuité, tu as choisi le registre de la violence, du coup pour coup, du donnant-donnant. Alors désormais, puisque tu crois que c’est comme cela que ça marche, ça va marcher comme ça. Ton pain, tu vas transpirer pour en jouir, pour le consommer. Tout ne t’est plus donné.

Dans ce registre, précisons que Dieu n’abandonne pas l’homme. Ce n’est pas : « Puisque tu n’as plus besoin de moi, je n’ai plus besoin de toi » ! Au contraire, le tu mourras certainement de tout à l’heure va devenir : comment faire pour que cet homme, pour que cette créature qui ne comprend plus le langage du cadeau, continue à vivre même s’il a goûté à la mort, même si sa vie est mêlée à la mort ? Alors Dieu change de plan, si j’ose dire. Il a un plan B ! Le plan A dure 2 pages. Le plan B dure, dans ma Bible, environ 1500 pages.

Le plan B, c’est le « code ». On est passé du cadeau au code : cela se ressemble, mais c’est différent. Dans le code, Dieu va dire à l’homme : « Je vais continuer à te donner des choses, mais je vais t’apprendre à bien en user, à ne pas t’empoisonner dans tes nourritures. Je vais essayer de te réapprendre ce que pourrait être une alimentation non seulement respectueuse, mais vivifiante, sur le registre de ce que j’appelais tout à l’heure ‘l’alliance’. Une alimentation qui ne casse pas tout. »

Mais Dieu a du mal à faire entendre cela à l’homme. Il ne peut pas le faire revenir au paradis, l’homme en est sorti. Alors il va l’accompagner dans son désert, en lui donnant quelques conseils et quelques règles. Et par exemple (car je suis obligé d’avancer dans les 1500 pages), quatre pages plus loin, on voit le récit du déluge. Dieu dans le plan B, va dire à l’homme : « Contrôle un peu tes appétits. J’ai compris que tu avais changé un peu de nature, et que ton rapport à la nature avait changé. »

L’âme et le sang

Dans ce merveilleux récit du déluge, on voit Noé entrer dans l’arche avec tous les animaux de la terre, et puis après la décrue Noé en sort. Il ne reste qu’une toute petite humanité. Noé est un nouvel Adam, puisqu’il est le seul à avoir survécu. Et Dieu lui dit alors exactement ce qu’il avait dit à Adam : Dieu les bénit et leur dit : Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, mais il ajoute une petite nouveauté : Soyez la crainte et l’effroi de tous les animaux de la terre. Ils sont livrés entre vos mains. Tout ce qui se meut et possède la vie vous servira de nourriture. Je vous donne tout cela au même titre que les plantes. Voilà l’homme carnivore, ou omnivore, enfin, l’homme d’aujourd’hui. Nouveau registre d’alimentation qui inclut, comme miséricordieusement, par permission, de se nourrir aussi des êtres vivants.

Seulement, précise la Genèse, vous ne mangerez pas la chair avec son âme, c’est-à-dire avec le sang. Je demanderai compte du sang de tous les animaux. L’âme est dans le sang. Curieuse formule, que les témoins de Jéhovah prennent à la lettre, car ils refusent toute transfusion sanguine qui serait une atteinte à la partie sacrée de l’homme. Or c’est symbolique, évidemment. Mais c’est tout de même fort intéressant.

Dieu permet à l’homme de tuer pour manger, mais à des conditions précises, que juifs et musulmans, on le sait, en tout cas lorsqu’il sont pieux, tiennent à respecter. On ne va pas tuer l’animal n’importe comment. On va, pour ainsi dire, lui infliger une violence minimale. Et on sait que les techniques d’abattage, ou plutôt de saignement des animaux, dans cette double tradition, est la plus indolore pour l’animal. On sait aussi, sur un autre plan, qu’il y a une règle d’hygiène : consommer une chair saignée est plus sain que le contraire. D’ailleurs, je le dis au passage, les premiers chrétiens respectaient l’interdit de consommer du sang. On voit ça dans les Actes des Apôtres. On a vite oublié ce précepte qui venait de la tradition biblique : ne pas consommer l’animal avec son âme, pour ainsi dire, c’est-à-dire avec son sang.

Je ne suis pas un végétarien pur et dur, même si je mange peu de viande, et je ne suis pas farouchement attaché à cet interdit de consommer le sang, mais j’essaye pour ainsi dire d’en deviner la signification, et je pense qu’elle n’est pas nulle. C’est comme une restriction de la violence. Cette violence est peut-être inévitable mais « respecte l’être vivant que tu vas consommer ».

Les interdits alimentaires

Plus tard, le code va se compliquer, se détailler à l’infini sur la distinction des animaux qu’on peut et qu’on ne peut pas manger. Pour un juif, c’est très compliqué de respecter les lois, le code alimentaire « kacher » qui varie d’ailleurs selon les écoles. Cette complexité empêche d’ailleurs tout juif pieux de manger avec vous. J’ai des amis juifs avec il est très difficile de partager un même repas. Il faut que cela se passe chez eux, c’est-à-dire que se soit leur nourriture. Mais eux ne peuvent pas manger la mienne, parce qu’il y a des animaux qu’ils ne consomment pas.

Le livre du Lévitique (là, j’avance de 150 pages), le troisième livre de la Bible au chapitre 11, fait une liste très intéressante, et assez amusante, des animaux qu’il est permis aux juifs de manger, c’est-à-dire purs, et des animaux qu’il ne leur est pas permis de manger. Tout y passe : c’est un bestiaire qui nous montre d’ailleurs les connaissances zoologiques de l’époque. On voit qu’ils ont essayé de faire l’inventaire de tous les animaux connus en disant : ça oui, ça non. Le mouton oui, mais la grenouille non. La vache oui, mais le lézard non. Le lièvre non, pourquoi ? Je ne vais pas rentrer dans les détails, c’est compliqué, mais il y a par exemple la question de la rumination. Il faut des animaux qui ruminent et qui ont le sabot fendu. En plus de la façon de les tuer, on trouve ici des distinctions très compliquées : les poissons sont permis, mais pas tous. Je n’entre pas dans le détail du code, mais l’important c’est qu’il y ait un code.

Déjà dans le deuxième livre de la Bible, l’Exode, et dans bien d’autres, sera montré en détail ce que l’on fait de l’animal une fois qu’on la sacrifié. Car l’idée c’est que (et vous voyez que c’est une pédagogie) quand on mange on ne dévore pas. On ne « bouffe » pas tout, comme le bœuf qui emmagasine ce qu’il trouve sous sa langue, ou le félin qui s’empare de sa proie et la lèche jusqu’au dernier os. L’homme, lui, ne serait-ce qu’en souvenir du paradis, il va lui être demandé de mettre un peu de ce qu’il consomme de côté, pour se souvenir que cela lui vient de Dieu. Car au fond, c’est quand même un cadeau, même s’il a travaillé pour l’obtenir, même s’il a dû tuer pour le manger. Ne pas perdre de vue la gratuité des choses ! L’homme devra, lorsqu’il tue, mais aussi lorsqu’il cultive, en offrir une partie en souvenir de cette source qui lui a tout donné.

Les lois sacrificielles

C’est le code que l’on appelle sacrificiel dans la Bible. C’est une clé de l’alliance entre Dieu et le peuple élu, le peuple d’Israël. C’est vraiment une condition centrale, et qui touche, comme vous le voyez, l’alimentation. Avant de manger, tu remercieras, tu rendras grâce. Il y a là des détails culinaires très intéressants, très symboliques, qui disent que pour tel animal tu prendras telle partie de sa cuisse, pour tel autre, tu prendras telle partie de l’épaule, et tu les feras cuire de telle et telle façon. Ou quelquefois tu feras tout cuire, tu feras tout brûler, on appelle ça l’holocauste, littéralement : « tout brûler », et c’est le sacrifice le plus parfait. Celui dans lequel l’homme signifie le mieux que tout lui a été donné, alors il rend tout.

Tel animal, le premier-né de ton troupeau, tu l’offriras en holocauste. Tu garderas le reste du troupeau : Dieu n’est pas là pour prendre. Dieu dira par ailleurs que l’odeur des graisses ne l’intéresse pas. Ce n’est pas qu’il désire la mort des animaux ; ce n’est pas donnant-donnant. Mais l’homme, lui, étant dans le registre du donnant-donnant, continue de penser que cela ne marche qu’avec de la violence. De penser qu’au fond, le Dieu qui lui demande d’offrir des animaux, est un Dieu qui est comme lui, c’est-à-dire violent, un Dieu à qui il faut payer pour obtenir des grâces. Et Dieu, dans ses circonstances est un peu embêté, parce que la pédagogie qu’il avait tenté de mettre en place ne marche pas. C’est comme si l’homme avait réussi à la pervertir, à la comprendre de travers. Dans l’alliance et dans le code, il y a un malentendu.

Le grand malentendu

Oui, le code devient un objet de malentendu. Pourtant, Dieu fait tout pour faire comprendre qu’il n’est pas sur ce registre là. Je vous en donne un exemple, qui a lieu dans le désert. Le peuple d’Israël, dans son histoire, a traversé le désert du Sinaï, où il va se perdre et tourner en rond pendant quarante ans. Et il y est beaucoup question de nourriture. Ce peuple sortait d’Égypte où, nous dit l’Écriture, les oignons, les melons et les concombres poussant au bord du Nil. Cela faisait rêver les pauvres Hébreux dans le déser ! Le régime a changé : là, on mange ce qu’on trouve, ce qu’on peut, et on se plaint, on se plaint à Dieu. C’était quand même mieux avant !

Or c’est dans le désert, précisément sur le mont Sinaï, que le code d’alliance est scellé. Dieu va réaffirmer qu’il s’intéresse aux hommes. Il ne les abandonne pas, il leur donne des conseils. Et il leur dit qu’il va leur donner quelque chose de plus précieux, de meilleur que tout : sa Parole. L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de la Parole de Dieu, c’est déjà dans l’Ancien Testament. Dieu veut dire à l’homme : « Tu vois, tu commences à abimer la planète, tu ne sais plus trop qui tu es. Moi, je te reste fidèle. Si tu vis avec moi, sois-en sûr, tu jouiras, tu continueras à jouir de cette gratuité, de cette grâce qui était le fruit que tu mangeais au paradis. »

Mais je le répète : l’homme n’entend pas cette parole-là. Au désert, il se plaint. Et dans les codes sacrificiels que je viens d’évoquer, il croit qu’il s’agit de marchander avec Dieu. Alors, au désert, Dieu va lui dire : « Non seulement je ne t’oublie pas, mais je vais te combler de mes dons. » Alors tombe la manne, cette nourriture mystérieuse. Comment la comprendre ?

Le don de la manne

La Bible dit que durant son séjour au désert, le peuple a été nourri d’un pain miraculeux, une espèce de givre granuleux qu’on trouvait le matin au bord du camp, dont on se nourrissait et qui avait le goût du miel. On ne pouvait pas le conserver pour le lendemain, sauf le vendredi où il en tombait deux fois plus pour que le samedi. Car le samedi, jour du shabbat, on ne devait pas travailler en allant la ramasser. Mais si le mardi ou le mercredi, on voulait en ramasser davantage pour le lendemain, cette manne pourrissait.

La manne est donc une nourriture qu’on reçoit au jour le jour ; une nourriture céleste. On ne sait pas trop ce que sait. D’ailleurs en hébreu « man’hou » veut dire « qu’est-ce que c’est ? ». Le nom de cette nourriture, c’est la question. Pendant quarante ans, ils sont nourris de questions. Quel symbole magnifique ! Mais encore faut-il y croire, c’est-à-dire ne pas le capitaliser. Ne pas se dire : « Oui, Dieu est gentil aujourd’hui, mais demain il ne va rien me donner, donc je fais des provisions ». Non ! Dieu te donnera ; encore faut-il que tu y croies. Registre de la confiance.

Et sur ce même registre, Dieu tente de faire comprendre à l’homme qu’il continue à l’aimer même s’il est en dehors du paradis. Dieu va faire pleuvoir, parfois, non plus de la manne, mais des cailles, de délicieux petits oiseaux, dans le désert. Et des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, dit la Bible, vont s’en nourrir. L’idée directrice c’est celle d’un Dieu qui accompagne son peuple et qui tente de le réhabituer au langage de la gratuité… Mais de nouveau, ça ne marche pas, ou mal. Et Dieu va devoir inventer ce que j’ai appelé un plan C.

Car le langage du code restait conditionnel (un code est comme un contrat). Une alliance suppose que les deux partenaires la respectent. Or comme l’homme passe son temps à comprendre cette loi de travers, Dieu va se dire : « Il faut que je trouve une autre stratégie. Il faut que je fasse entendre quelque chose de très fort pour qu’enfin, les hommes sortent de ce désert et de ce registre du donnant-donnant, du commerce dans lequel il s’enferme, et dans lequel il m’enferme. »

Pour sortir du piège de la mentalité commerçante de l’homme, Dieu invente donc une nouvelle forme de don, au-delà du don : le pardon. D’où un troisième registre que j’appellerai celui de la surabondance, et que la manne, déjà, préfigurait. Ce don vient du ciel, non plus sous la forme d’un aliment particulier, mais d’un être, d’une personne, en qui le Nouveau Testament, les Évangiles reconnaissent le pain vivant descendu du ciel.

3. Le pain vivant

Jésus, car c’est de lui qu’il s’agit, se fait nourriture, s’incarne au sens le plus fort, se fait chair pour donner sa propre chair à manger. Mais quand il parle de cela, comme on le voit dans l’Évangile de Jean, la plupart de ceux qui l’avaient suivi s’en vont. Ce langage là est trop fort, ce n’est pas supportable : c’est quoi, du cannibalisme ? Vous devrez manger ma chair et boire mon sang. Mon sang ? Pour un juif qui connaît la loi, enfreindre l’interdit du sang, impossible !

Come vous le voyez, on est vraiment passé à autre chose. C’est au-delà du don, disais-je, au-delà de la loi, presque du domaine de la transgression. Certes, Jésus est juif, mais il interprète la loi d’une façon qui va lui valoir la mort. Il sera condamné comme transgresseur de la loi. C’est un registre inouï, paradoxal…

Mais pour faire entendre cette parole si nouvelle, Dieu va veiller à ne pas trop nous choquer. Avant de voir Jésus mort, livrant son corps et son sang, regardons-le donc vivant. Tout nous dit qu’il vient pour être mangé, à commencer par le fait qu’il est né dans une mangeoire. Ca ne peut pas être plus clair ! Il est né dans une mangeoire, pourquoi, sinon pour être mangé ? Pour le signifier, il naît d’ailleurs entre deux animaux. Le bœuf et l’âne étaient là, penchés sur ce petit être de chair fragile. Ce n’est pas dans l’Évangile, mais c’est tellement beau que cela ne peut être que vrai.

Le jeûne et la bonne chère

Plus tard, Jésus jeûnera pendant quarante jours, comme Moïse et Élie l’avaient fait avant lui. Il renoue avec quelque chose du « code ». Et que signifie ce jeûne, sinon que Jésus fait à l’envers ce qu’Adam avait fait à l’endroit, ou plutôt fait à l’endroit ce qu’Adam avait fait à l’envers. Adam avait saisi l’arbre, il avait mordu, il avait « bouffé » de ce monde qui lui était offert. Il n’a pas su se retenir. Il n’a pas su, dirait-on aujourd’hui, consommer avec modération. Il a consommé de façon immodérée. Il a attrapé ce que l’on pourrait appeler une indigestion. Pour se guérir de cette fringale, de cette frénésie alimentaire, il faut réapprendre à ne pas manger.

Cela ne veut pas dire que la nourriture est mauvaise. Cela ne veut pas dire que nous serions des êtres appelés à nous décorporer, à nous désincarner ! Non, c’est bon. Dans la Genèse il a été dit que cela était bon et même, très bon. Or tout est bon, mais tout n’est pas profitable, nous dit saint Paul. Tout est bon, mais cela n’est pas une raison pour nous empiffrer. Sinon, comme Dieu nous en avait avertit : Tu mourras certainement, de cyrose du foie ou autre chose. Tu en seras la cause, tu te seras rendu malade tout seul. Donc, sois capable de te retenir : d’où les quarante jours de jeune, voyage au désert, comme pour rappeler l’exode.

Après ces quarante jours, Jésus surprend ses contemporains par le fait que c’est un homme qui aime la bonne chère. Jean-Baptiste, son précurseur, le témoin du Christ par excellence, est un ascète : au désert, nous disent les Évangiles, il se nourrit de trois fois rien, de sauterelles et de miel sauvage ; ou l’on peut traduire aussi de caroubes, fruits acres que l’on trouve dans le désert, mais riches nutritivement. Jean est un ascète, il sait se retenir, à la différence d’Adam. Les moines du désert, qui marchent sur ses traces, avaient ce genre de paroles, d’apophtegmes très radicaux : « Tu mangeras trois dattes par jour ; plus, c’est de la gourmandise ; moins, ce serait de l’orgueil ».

Jésus n’est pas exatement de cette race-là. Il fréquente les bonnes gens, les braves gens et même les gens de mauvaise vie, les publicains à l’époque, c’est-à-dire des « collabos », des collaborateurs avec l’occupant romain, qui s’étaient enrichis sur le dos du peuple en collectant les impôts des particuliers, moyennant quoi ils mangeaient bien. Or, on était plutôt pauvre à cette époque en Palestine. À maintes reprises dans les Évangiles, on dit : « Voyez Jésus, cet homme, ce prophète, mange avec les publicains ». Cela veut dire qu’il mange bien. Une parole dit même : Jean ne mange ni ne boit, mais Jésus est un glouton et un ivrogne ! C’est-à-dire qu’il assume cet acte dans ce qu’il a de bon, de digne, d’heureux. Ce n’est pas maudit par la Bible.

Je le redis, le message judéo-chrétien n’est pas de l’ordre de ces sagesses qui vous disent : « Moins vous mangez, mieux c’est. » Visage émacié, dédain des nourritures ordinaires : ce n’est pas ainsi que le Christ a rejoint l’humanité. Il a su festoyer avec des amis ; il a aimé les repas joyeux, les repas heureux.

Le don de soi en nourriture

Mais au fin fond de ce qu’il avait à dire, et qui n’est pas seulement un message de joyeuse convivialité, il y avait la mort. Pas la mort des autres, c’est-à-dire la violence, ; pas la mort que l’on inflige à des êtres vivants, pas le sacrifice lieu comme trafic avec un Dieu à qui l’on offre de petites choses pour qu’il nous ait à la bonne, un Dieu que l’on paye. Pas cette mort-là, mais le don de sa vie, de sa propre vie.

Dans le registre alimentaire, il s’agit de se donner soi-même à manger. Non plus tuer, mais s’offrir. C’est inouï, presque insupportable, un homme qui vous dit : « Je vais mourir, vraiment, pour vous ; et je vais mourir pour vous nourrir de ma vie ». Et pourtant il n’y a rien de morbide, rien de suicidaire, rien de cannibale, rien d’anthropophage. Nous ne sommes plus dans le registre de l’alimentation, mais dans celui du don suprême. « Je ne peux pas faire plus », semble dire le Christ. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.

Toute mère le sait : lorsqu’elle allaite son enfant, elle lui donne quelque chose de sa propre vie. L’allaitement est une transfusion de vie et comme un symbole de ce « jusqu’au bout » de l’amour. Certaines circonstances poussent certains hommes à « se crever » pour ceux qu’ils aiment. On va mourir un peu plus vite par amour pour eux. Dieu est ainsi, tellement il nous aime ! Un Dieu qui meurt d’amour pour l’homme ! C’est tellement fort !

C’est le contraire absolu du Dieu pervers de tout à l’heure. Malheureusement il continue à traîner dans nos mentalités. Nous continuons à imaginer Dieu ainsi. Or non seulement il n’est pas ça, mais il en est l’absolu contraire. Il se fait chair, il se fait « homme-mort », homme qui nous aime jusqu’à la mort, et puis à travers lui, il se fait pain, il se fait vin, il se fait nourriture dans l’eucharistie des chrétiens, à cette table qui est derrière moi, dans cette église, et qui est un autel.

Non plus un autel au sens archaïque, un autel de mort, (pensons à ces pierres, ces tauroboles du culte mithraïque, où l’on égorgeait le taurreau et où l’on faisait couler du sang, pour obtenir les grâces de Mithra), non, ce n’est plus un autel sanglant et d’immolation. Remarquez-le, le pain et le vin sont des offrandes végétales qui sont le rappel de la mort du Christ. Il n’y a pas, dans le christianisme, de mise à mort d’animaux. Nous sommes dans le registre du pardon. Et le sang du Christ, est pour la rémission des péchés, pour l’effacement de toute faute et pour la guérison du grand malentendu, du poison qui coule dans nos veines, celui de la violence, du fait de payer et de faire payer. Nous sommes stucturés comme cela, même les psychanalystes nous le disent : la dette, la dette ! Le karma, nous diraient nos amis hindous Payer, toujours payer ! À un moment il faut que cela s’arrête…

Le pardon en nourriture

Le pardon est un au-delà du don. Une nourriture qui n’est plus un poison, est-ce que cela existe ? Si on les écoute les nutritionnistes, dans leur diversité d’écoles, on ne sait plus quoi manger ! L’un vous dit qu’il ne faut pas manger de gluten, l’autre qu’il ne faut pas manger de laitages, le troisième qu’il ne faut pas manger cru, la quatrième qu’il faut tout manger cuit et chaque école à sa cohérence, sa beauté et son efficacité. Seulement, nous restons mortels. Nous aurons beau faire tout ce que nous pouvons, une maladie va nous attraper et nous faire mourir.

Y a-t-il une nourriture qui nous guérit à fond ? Encore une fois, pardonnez-moi de le dire si fortement, les chrétiens croient vraiment que manger la chair de Jésus et boire le sang (puisqu’en principe dans l’eucharistie on devrait boire le sang à la coupe ; mais ce n’est pas le sang d’un mort, mais c’est le sang d’un vivant !) nous guérit. Et ce sang-là, Jésus le dit, c’est l’antidote. Je ne sais pas comment cela marche, j’y crois sans savoir de quoi il retourne, mais j’y retourne, j’y reviens.

Si cette parole est efficace, si le signe qu’elle désigne est efficace, il est bien de penser que c’est bon de communier, au moins de temps en temps. Ne vous forcez pas, mais allez y goûter de temps en temps. Si vous êtes baptisé, vous avez le droit de communier. Même une seule fois par an, même une fois tous les dix ans ! de et peut-être de ressentir quelque chose (pour cela, c’est presque mieux de ne pas communier trop souvent). Lorsqu’ils communient, même ceux qui ne viennent presque jamais à la messe sentent qu’il y a là quelque chose de très fort, comme une vie qui dépasse la mort.

À table !

Passons maintenant à cette offrande, à toutes les bonnes choses que Pascale nous a préparées. Il n’y a pas besoin d’être croyant pour voir qu’elles font signe, qu’elles viennent du désert ou du paradis, ou des deux. Le paradis est un désert qui refleurit. Le paradis n’est pas un ailleurs, il est là. Il suffit d’arroser ces petites graines, ces précieuses graines.

Il y a aussi des codes ; je ne voudrais pas que vous pensiez que les codes sont dépassés. Les chrétiens ont gardé des codes. Nous avons besoin de toute cette pédagogie alimentaire, biblique. Vivre en homme aujourd’hui c’est ce soucier de la planète en même temps que notre santé. Attention à ne pas tout saccager. Heureusement la terre est encore un paradis pour qui sait la garder. Dieu avait dit à Adam de garder ce paradis. Soyons cet Adam obéissant et sage : pas celui qui casse tout, mais celui qui préserve, qui cueille, qui goûte, qui savoure et qui se recueille.

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