Tibériade

Madeline Diener (1930-2000), Tibériade

Madeline Diener (1930-2000), Tibériade

1997 Poèmes

Tibériade

 

Qui m’attache à cette maison de sable,
De tout perdre et donner qui me retient ?
Je suis poussière, un être de passage :
Quel courant m’emportera vers le large
Pour y noyer ma peur du lendemain ?
Qui dilatera mon cœur misérable
Aux dimensions de l’amour souverain ?

Pour apprendre à aimer je n’ai qu’un maître
Aux bras ouverts sur l’océan du monde.
S’il faut y perdre sa vie pour renaître,
Je me laisserai dériver sous l’onde.
Je m’offrirai à toi, Christ, comme aux vagues,
Avançant vers l’écume les mains nues,
Épousant l’avenir en sa venue,
Je m’y enfoncerai jusqu’à la garde.

Mais voici qu’il se tient sur le rivage :
Il me fait signe de ne pas mourir…
Quel est ce feu de braise sur la plage
En lequel brûle un poisson sans périr ?
Plus vaste encor que la mer, son visage
M’offre l’infinie douceur d’un sourire.

 

Daniel Vigne

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