Daniel Vigne, « Un portrait personnel d’Origène : les trois cercles », dans Adamantius 20 (2014), p. 467-470. [pdf]
Un portrait personnel d’Origène : les trois cercles
Chers amis,
Lors d’un précédent voyage à Bologne, j’ai eu la grande joie de faire la connaissance de Lorenzo Perrone et de lui partager mon projet de traduction du traité Sur la prière d’Origène pour la collection Sources Chrétiennes. Bien qu’ayant beaucoup travaillé sur cette traduction, je dois avouer que j’hésitais à lui présenter mon texte, lui qui a étudié pendant tant d’années ce traité et ce thème. Devant sa parfaite connaissance de l’auteur et son immense érudition, comment ne pas craindre de lui apparaître comme un béotien ? Mais nous connaissons tous sa gentillesse extrême, et cette rencontre fut pour moi un grand encouragement. Nous avons échangé, non seulement sur ce livre d’Origène, mais sur le chemin qui nous a conduits, l’un et l’autre, à nous intéresser à cet auteur ecclésiastique – ou plutôt à ce Père de l’Église (le titre n’est pas excessif et que personne ici ne le contestera).
Dans notre conversation, j’ai eu l’image de trois cercles concentriques, représentant mon itinéraire personnel à la découverte d’Origène. Le premier cercle serait son exégèse, car c’est d’abord par elle que j’ai été intéressé et touché. Je pense ici à ses célèbres homélies, mais aussi à ses commentaires et à sa théorie exégétique telle qu’il la formalise, par exemple, à la fin du traité Des Principes. Le deuxième cercle, plus intérieur et plus restreint, représenterait sa doctrine théologique et surtout christologique, qui est le fondement de toute son œuvre, comme le montrent encore le Peri Archôn et le Commentaire sur Jean, et qui sous-tend toute son œuvre. Enfin le troisième cercle, encore plus intérieur, représenterait sa spiritualité, qui, elle aussi, est diffuse dans son œuvre, mais que j’ai eu spécialement l’occasion d’approcher à travers le traité Sur la prière.
Si je devais retracer l’itinéraire personnel de mon intérêt pour Origène, je m’appuirai donc sur ces trois mots qui résument bien mon parcours. J’ai rencontré cet auteur à travers son exégèse, je l’ai mieux compris à travers sa doctrine, et j’essaye aujourd’hui d’être à l’écoute de sa spiritualité. Mais puisque le genre littéraire du « portrait personnel », qui est celui de notre rencontre, autorise une approche de type narratif, laissez-moi vous raconter en quelques étapes quel a été ce chemin.
1. J’ai commencé mes études de théologie en 1977 à Bruxelles, à l’Institut d’Études Théologiques des pères jésuites, dont la devise était (et est toujours) d’étudier « l’Écriture dans la Tradition ». Loin des excès desséchants d’une certaine exégèse historico-critique, l’insistance de mes maîtres était de nous familiariser avec l’interprétation spirituelle de la Parole de Dieu, sans nous priver des outils que la modernité met à notre disposition. J’ai donc été tout de suite mis en contact avec l’exégèse patristique : assez peu avec Origène, en vérité, car le grand maître était saint Augustin et la règle d’or était celle des quatre sens de l’Écriture, tels qu’ils ont été systématisés par les auteurs médiévaux. Mais la lecture de Histoire et Esprit d’Henri de Lubac, livre qui m’a beaucoup marqué, m’a fait comprendre d’où venait cette exégèse médiévale, c’est-à-dire d’Origène.
C’est au cours de mon second cycle d’études de théologie, à l’Institut Pontifical Oriental de Rome, de 1981 à 1983, que j’ai eu l’occasion d’approfondir mes connaissances au sujet de notre auteur. J’ai suivi les merveilleux cours du P. Tomas Spidlik, de bienheureuse mémoire, sur la spiritualité de l’Orient chrétien, ainsi que les cours du P. Vincenzo Gargano, camaldule, sur l’exégèse spirituelle des Pères. Je me souviens notamment d’une admirable série de cours sur « les puits dans les Homélies sur la Genèse d’Origène » ; c’est là, je crois, que mon intérêt pour Origène s’est dessiné de façon décisive.
Je suivais également, à l’Institut Patristique de Rome, les cours de M. Manlio Simonetti, qui élargissait mes horizons et dont j’admirais beaucoup l’érudition. Je me souviens aussi d’un cours sur saint Grégoire de Nysse donné à la Grégorienne par Mariette Canévet ; c’est par elle que j’ai mieux compris le lien profond entre Origène et les Pères Cappadociens. Enfin, j’ai eu plusieurs fois l’occasion de rencontrer le P. Henri Crouzel, de bienheureuse mémoire lui aussi, dont vous verrez qu’il a joué un rôle très important dans ma carrière.
Tout cela, comme naturellement, a débouché sur un mémoire de maîtrise consacré à une homélie d’Origène. Il s’agissait d’une recherche sur la XVIIe Homélie sur les Nombres, à partir de la traduction d’André Méhat, professeur à l’université de Strasbourg, publiée dans les Sources Chrétiennes. J’aime à citer le nom de cet auteur qui était, soit dit au passage, un ami de notre famille, et avec qui je partageais une admiration commune pour un autre auteur qui m’est très cher, italien celui-là : Lanza del Vasto. J’ai soutenu ce mémoire en 1983 et, sur les conseils du P. Crouzel, je l’ai publié par la suite dans le Bulletin de Littérature Ecclésiastique. Cette recherche sur les Homélies sur les Nombres m’a permis de vérifier l’immense richesse de l’exégèse d’Origène et m’a donné le goût de le lire toujours plus profondément.
À cette époque, j’avais l’ambition folle de regrouper toutes les interprétations origéniennes de l’Écriture, verset par verset, livre par livre, et d’en faire une sorte de Bible commentée par les Pères. J’ai commencé ces fiches écrites à la main (c’était avant l’avènement de l’informatique), par centaines et même par milliers, mais j’ai dû abandonner, bien sûr, un tel projet, beaucoup trop vaste pour mes petits moyens. À la même époque, le CNRS commençait heureusement à publier les fameux cahiers de la Biblia patristica qui, eux, sont informatisés. Depuis, Laurence Mellerin, de l’Institut des Sources Chrétiennes, a élaboré le précieux site web Biblindex, que vous connaissez certainement. Mais je continue à rêver d’une sorte d’hypertexte, de Catena aurea pour aujourd’hui, qui permettrait d’avoir accès, non seulement à la référence, mais au texte même de ce qu’Origène dit de chaque verset de l’Écriture à travers toute son œuvre. Ce serait, me semble-t-il, un précieux outil de recherche.
2. Je passe rapidement sur les sept années suivantes, que j’ai passées entre autres à Jérusalem, pendant la rédaction de ma thèse de théologie sur Le baptême du Christ dans la tradition judéo-chrétienne, travail qui a été publié par les éditions Gabalda sous le titre Christ au Jourdain. Après ma soutenance de thèse à l’Institut Oriental de Rome, j’ai proposé mes services à la Faculté de théologie de l’Institut Catholique de Toulouse. C’était en 1990, l’année où le P. Henri Crouzel prenait sa retraite, et il m’a été proposé de prendre sa suite dans le cadre de la chaire de patristique, ce qui était pour moi un immense honneur. Depuis 24 ans, j’enseigne donc les Pères de l’Église à Toulouse et, comme vous le devinez, je fais une place spéciale à Origène non seulement dans mes cours généraux, mais dans des cours-séminaires davantage axés sur la recherche. Le fait d’enseigner dans la même université que le P. Crouzel, qui a été, on peut le dire, le plus grand chercheur en études origéniennes avant notre ami Lorenzo, m’imposait d’honorer sa mémoire et d’apporter ma petite pierre à l’édifice.
J’insiste sur la modestie de mes travaux, par rapport à ceux de spécialistes beaucoup plus autorisés que moi. Mais j’ai toujours voulu être fidèle à cette veine de recherche sur Origène. Je me suis notamment attaché à la deuxième Homélie sur la Genèse, sur l’arche de Noé, que j’ai souvent étudiée dans le cadre d’un séminaire sur « Noé et le Déluge dans les traditions juives et chrétiennes ». Dans cette homélie, j’avais remarqué des allusions fréquentes à la tradition rabbinique, et j’ai publié un article sur « Origène et l’exégèse juive » à partir d’une étude précise de ce texte. Je voulais vérifier que, tout en combattant ouvertement l’exégèse des rabbins, Origène se nourrit secrètement de cette exégèse et la connaît bien, notamment par le biais de maîtres judéo-chrétiens qu’il a fréquentés. Sa relation au judaïsme est donc plus complexe qu’il ne semble, car son exégèse prend appui sur un sens littéral qui est volontiers enrichi par les traditions targumiques et midrashiques, et cette exégèse chrétienne emprunte parfois aux méthodes d’interprétation des rabbins.
Pendant ces années, j’ai publié aussi divers articles de vulgarisation sur l’exégèse d’Origène et, dans le cadre de divers colloques, j’ai toujours mis en valeur son interprétation spirituelle de l’Écriture. Pour le dire franchement, je n’adhère pas du tout à l’accusation d’allégorisme fantaisiste ou de spiritualisme excessif qui est parfois dirigée contre cette exégèse, car je crois que cette accusation est tout à fait injuste. Les libertés qu’Origène prend quelquefois dans son interprétation des textes ont toujours une justification profonde et, à ce titre, me semblent parfaitement légitimes, que ce soit dans le cadre d’une homélie, qui suppose nécessairement un peu de variété et d’originalité en vue d’édifier les auditeurs, ou dans le cadre d’une recherche théorique un peu audacieuse, qu’on ne peut jamais interdire à un théologien.
Loin de la méfiance affichée par certains commentateurs, je reste donc admiratif devant la perspicacité spirituelle de notre auteur lorsqu’il interprète la Parole de Dieu, à divers niveaux de sens qui s’enchaînent et se complètent avec tant de finesse et de sagesse. À mes yeux, Origène met constamment en pratique le principe exégétique qui est le sien, selon lequel l’interprétation d’un texte inspiré doit participer, autant que possible, à l’inspiration de ce texte : à texte inspiré, exégèse inspirée ! Ce principe, il s’y soumet lui-même chaque fois qu’avant de proposer une interprétation spirituelle du texte, il fait acte d’humilité et prie pour être un canal ou un serviteur de l’Esprit.
Quant à son attitude critique et parfois même sceptique devant le sens littéral du texte, lu au premier degré, cette attitude n’a rien de répréhensible : elle est, en réalité, très moderne. Comme les exégètes d’aujourd’hui, Origène a compris que le texte biblique est composé et organisé en vue d’un message, et que c’est ce message, l’intention qui sous-tend le texte, qu’il s’agit de dégager, par-delà les difficultés ou absurdités du texte. J’aime particulièrement ce qu’Origène dit des adunata, « choses impossibles » ou contradictoires qu’il trouve parfois dans le sens littéral et qui sont, selon lui, des incitations à la recherche. C’est une réponse élégante et un peu ironique à ceux qui butent sur les apories et les aspérités du texte, au lieu d’en faire une occasion de cheminement intérieur. Je suis donc un fervent défenseur de cette exégèse, non dans le détail de chaque explication, qui sont parfois datées ou circonstancielles, mais dans la démarche générale qui les inspire. J’en vois la fécondité à travers toute l’histoire de l’Église, et je regrette que sa dette à l’égard d’Origène ne soit pas suffisamment reconnue.
Mais dans le cadre de mon enseignement universitaire, j’ai été amené à m’intéresser aussi au « second cercle », concernant la doctrine et la pensée théologique de notre auteur. Un cours-séminaire sur le Traité des principes m’a notamment donné l’occasion d’approfondir sa christologie qui, me semble-t-il, est très intéressante justement du fait qu’elle est antérieure au Concile de Nicée. Malgré les accusations de subordinatianisme qui lui seront faites par la suite, de Jérôme à Constantinople III, la conception origénienne du Logos divin est remarquable, même si elle ne s’exprime pas exactement dans les catégories conceptuelles forgées par ce Concile, telles que l’homoousios et la parfaite égalité des Personnes divines.
Il me semble que cette approche « économique » du mystère de la Trinité mérite l’attention. Par la suite, la théologie trinitaire s’est toujours davantage intéressée à la Trinité « immanente » et aux relations intra-trinitaires. Mais les penseurs des trois premiers siècles, on le sait, avaient une approche plus historique de l’auto-révélation de Dieu. Le lien étroit entre le Logos et la création mériterait, dans cette perspective, d’être souligné et approfondi. Certes, le Fils est « engendré et non pas créé », mais « tout fut par lui » (Jn 1, 3) et « c’est en lui qu’ont été créées toutes choses » (Col 1, 16). Origène peut nous aider à penser une christologie cosmique…
J’ai été amené aussi à réfléchir aux deux principales erreurs doctrinales qui ont été reprochées à notre auteur, sur la préexistence des âmes et l’apocatastase, autrement dit sa protologie et son eschatologie. Il me semble que dans ces deux directions, les théologiens commettent parfois eux-mêmes une erreur de perspective, et accusent en vain Origène d’hérésie.
La préexistence des âmes, en effet, ne me semble introduire aucun fatalisme dans la condition humaine et ne doit pas être conçue en termes chronologiques. Elle tente plutôt d’exprimer l’importance du mystère de la liberté en soulignant son unité transcendantale et supra-temporelle. Ce n’est pas dans un temps séparé, précédant sa naissance, que la liberté de chaque homme se détermine : c’est à travers toute son existence, qui inclut ses premiers commencements (et peut-être même la vie intra-utérine), jusqu’à la fin de sa vie. C’est sur cette trajectoire totale, unifiée et unique, que nous serons jugés, et non pas sur une série d’actes séparés. Voilà ce qu’exprime peut-être l’idée de préexistence de âmes. Je soumets du moins cette interprétation à votre sagacité.
D’autre part, concernant l’apocatastase, je crois qu’on fait erreur en soupçonnant Origène de défendre l’idée d’un salut automatique et universel. Car ce n’est pas en renouant avec la vieille conception stoïcienne d’une « restauration » de toutes choses à l’intérieur d’un temps cyclique qu’Origène ouvre cette perspective : au contraire, c’est pour sortir de ce fatalisme répétitif. Pour Origène, l’histoire est unique, et non pas cyclique, et le salut n’a rien d’automatique : il est le fruit d’une éducation de nos libertés, que Dieu appelle patiemment à se tourner vers lui. Le salut de tous est une espérance, non une affirmation doctrinale. Urs von Balthasar, dans son livre Espérer pour tous, a montré la valeur paradigmatique et non pas dogmatique de ce théologoumène.
3. Nous touchons ici au troisième cercle, le plus intérieur, qui concerne la spiritualité d’Origène. C’est à travers ma nouvelle traduction du traité Sur la prière que j’ai été amené à m’y intéresser de façon plus particulière. Deux mots sur l’historique de ce projet : en 1999, constatant que le Peri Euchès n’était toujours pas présent dans la collection « Sources Chrétiennes », j’ai proposé à Jean-Noël Guinot, alors directeur de la collection, de m’y atteler. On m’a expliqué que plusieurs projets antérieurs avaient déjà été formulés, mais aucun n’avait vu le jour. Certes, la collection « Les Pères dans la foi » avait déjà publié une traduction du père Hamman, mais elle comportait pas mal d’imprécisions, et il me semblait certain qu’une nouvelle traduction était souhaitable. De plus, le P. Crouzel, en me dédicaçant un de ses livres, m’avait écrit, peu de temps avant sa mort : « Dans l’attente d’une bonne traduction du traité Sur la prière ». Je n’avais donc pas le choix !
La collection « Sources Chrétiennes » a accepté mon projet, mais la rédaction de ma thèse de philosophie (sur Lanza del Vasto) ainsi que des complications administratives imprévues m’ont empêché de commencer sérieusement ce travail avant 2010, en lien avec le nouveau directeur de la collection, Bernard Meunier. Aujourd’hui, la traduction comme telle est terminée, mais un long travail d’introduction, d’annotation et d’indexation reste à faire. Quant à l’établissement d’un nouveau texte critique, question difficile sur laquelle nous savons que Lorenzo Perrone travaille depuis longtemps, c’est un travail qui dépasse mes compétences. Je m’en remettrai donc à ses conseils dans ce domaine. Je tiens ici à lui exprimer toute ma gratitude pour ses encouragements, et toutes mes félicitations pour son grand travail sur La prière chez Origène, dont je me servirai beaucoup pour mes commentaires.
Que dire donc, brièvement, de ma perception de la spiritualité origénienne ? D’abord, que le traité Sur la prière me fait découvrir un très grand auteur spirituel. La première partie du traité, en forme de réponse aux objections qu’on peut lui opposer, est une initiation pleine de finesse psychologique et pédagogique au mystère de la prière. La deuxième partie, la plus importante, commente chaque demande du Notre Père avec beaucoup de profondeur. De façon sobre, mais bien perceptible, on y devine l’intense vie intérieure de l’auteur, dont je crois avec Henri Crouzel qu’il est bel et bien le précurseur de la théologie mystique. Origène ne fait jamais de confidences, ni ne s’épanche de façon affective, mais sa relation à Dieu et au Christ est si intense qu’elle imprègne le texte. Je tenterai, dans mes commentaires, de la mettre en valeur. Enfin la troisième partie, en forme de conseils pratiques, mérite aussi d’être étudiée de près, comme témoignage de la vie des chrétiens au IIIe siècle.
Mais je dois vous partager, sur ce plan spirituel, une difficulté qu’une étudiante de notre Faculté me rappelait encore il y quelques jours, et qui concerne la place du corps dans l’anthropologie origénienne. L’influence de Platon ne conditionne-t-elle pas de façon excessive la pensée de notre auteur, jusqu’à l’entraîner à une dévaluation systématique du sensible ? Plus gravement, Origène n’est-il pas complice d’une certaine désincarnation de l’être humain ? Nombreux sont les indices qui vont dans ce sens.
S’il fallait en disculper notre auteur, je serais moi-même capable de donner des arguments. Je montrerais que l’opposition entre le sensible et l’intelligible, chez lui, n’est pas de type dualiste comme chez Platon, mais plutôt en forme de tension et d’itinéraire à parcourir. Je rappellerais que le Verbe incarné est au centre de sa doctrine. Je soulignerais que la lettre de l’Écriture est pour lui comme la chair du Verbe, ce qui garantit, indirectement, la noblesse et la dignité du corps… Mais j’avoue ne pas être totalement convaincu par ces arguments eux-mêmes, et je crains parfois qu’Origène ne réponde pas suffisamment à mes craintes sur ce sujet. En vous priant de m’excuser de conclure sur cette petite difficulté, je vous redis tout mon plaisir d’être avec vous pour cette journée d’études et je vous remercie de votre attention.
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