Paul Evdokimov – Présence de l’Esprit Saint dans la tradition orthodoxe, Éditions du Cerf, coll. « Foi Vivante » n°179, 1969 (résumé-citations D. Vigne [pdf]).
Paul Evdokimov
Présence de l’Esprit Saint dans la tradition orthodoxe
I – Théologie trinitaire
L’acte théologique. « L’Orient n’a jamais cultivé l’autonomie de la raison naturelle ». « La connaissance de Dieu, même « naturelle », est toujours charismatique ». « Le grand principe de l’hésychasme invite à faire descendre l’intelligence dans le cœur »page 18.
« Théologiser, c’est traduire en termes théologiques la communion avec Dieu, c’est relater son contenu »19. « Si tu pries vraiment, tu es théologien, et si tu théologien, tu prieras vraiment », dit Évagre (Traité de l’Oraison, 60). « Ainsi dans l’esprit des Pères, la théologie s’érige en ministère charismatique »20.
Apophatisme. « La théologie cataphatique, positive, est appelée par les Pères « symbolique » car elle ne s’applique qu’aux attributs révélés, qu’aux manifestations de Dieu dans le monde : ses « phanies »23 » « La théologie négative opère un dépassement, mais qui se détache jamais de sa base, la théologie positive de la Révélation biblique »24.
« Dans sa dimension apophatique, la théologie est la négation de toute définition humaine. Définir c’est limiter : or Dieu est illimité ». « En disant « Dieu », ce n’est jamais Dieu en lui-même que nous désignons, mais ce qui est « autour de Dieu » »23. « Les concepts créent des idoles de Dieu, dit saint Grégoire de Nysse, l’étonnement seul saisit quelque chose »24. « Plus Dieu est incognoscible dans 1a transcendance de sa Suressence, et plus il est expérimentable dans sa proximité immanente en tant qu’Existant »24.
Hellénisme ? « Les Pères ont « baptisé » certains concepts de la pensée hellénistique ». « On considère souvent que l’école d’Alexandrie platonisait et que celle d’Antioche artistotélisait, mais il faut éviter de pareilles simplifications ». « Les Pères ne sont jamais les disciples de Platon, d’Aristote ou de Plotin mais empruntent l’appareil technique de la philosophie là où ils trouvent une consonance avec l’objet de leur recherche »27. « L’hellénisme ainsi baptisé s’offre à la patrologie »29. « L’Hypostase divine chez les Pères se rapproche la notion moderne de « personne » « 31.
« Au-delà de toute spéculation ou philosophie, l’Église annonce l’économie trinitaire du salut dans son kérygme, elle la vit immédiatement dans sa formule baptismale, dans son Symbole de foi, dans sa liturgie et ses sacrements »33.
Trinité. « Pour la pensée mystique juive, la Thora n’est pas un simple recueil de prescriptions et de lois mais une Personne vivante. Mais si, pour les Juifs, elle reste encore tragiquement anonyme, pour la foi chrétienne, c’est le Christ qui la personnalise »35.
« Dieu n’est ni solitaire, judaïque, ni multiple, polythéiste »44. « La Trinité n’est pas le résultat d’un processus, d’une théogonie, mais une donnée primordiale de l’existence divine »43.
« Pour l’Orient, les relations entre les Personnes de la Trinité ne sont pas d’opposition ni de séparation, mais de diversité, de réciprocité, de révélation réciproque et de communion dans le Père »41. « Ce caractère ternaire des relations supprime toute possibilité de les ramener à la dualité, à la formation de dyades à l’intérieur de la Trinité, ce qui mettrait l’idée rationnelle d’opposition à la place de la vision méta-rationnelle d’une diversité-unité trinitaire »42.
Orient-Occident. « Le Latin considère la personnalité comme un mode de la nature, le Grec considère la nature comme le contenu la personne. Ainsi l’Occident part de la nature une pour considérer ensuite les Trois Personnes; l’Orient part des Trois Personnes pour considérer ensuite la nature une » (De Régnon, Études de théologie positive sur la Sainte Trinité, p. 433).
« Pour les Grecs, le principe d’unité n’est pas la nature, mais le Père, qui pose des relations d’origine par rapport à Lui-même ». « Confesser l’unité trinitaire, c’est reconnaître le Père comme l’unique source des Hypostases qui simultanément reçoivent de lui la même et unique nature »46. « Chez tous les Pères on constate l’affirmation de l’unique Source Hypostatique du Père et en même temps une relation intime entre le Fils et l’Esprit inséparablement conçus et unis : l’Esprit repose éternellement sur le Fils et le manifeste ».
« On peut se demander si la Monarchie orientale ne favorise pas le subordinatianisme à l’intérieur de la Trinité. Le P. de Régnon signale le danger opposé en Occident : le risque de la primauté de l’essence philosophique sur le concret scripturaire des Personnes »47.
II – Le Filioque
Histoire. « La formule latine apparaît en Espagne au Synode de Tolède réuni en 589. Le IIIe Synode de Tolède en 633 l’approuve. La formule était utile temporairement pour combattre l’hérésie des ariens et donc pour affirmer la consubstantialité du Père et du Fils ».
« Le grand promoteur du Filioque fut Charlemagne »50. « Il convoque en 807 un concile avec le projet d’excommunier l’empire concurrent des Grecs. Le pape Léon III, en signe de protestation et désirant fermement sauvegarder la tradition unanime, fait graver et placer solennellement sur le portail de bronze de la cathédrale de Rome deux écussons d’argent portant le texte du Credo de Nicée en grec et en latin et sans aucune addition. Mais l’usage s’est généralisé […] À la fin, Rome s’incline devant la force. En 1014, l’Empereur Henri II se fait couronner à Rome par le pape Benoît VIII et impose le rite germanique de la messe. Le Credo interpolé du Filioque fut alors chanté pour la première fois à Saint-Pierre de Rome ».
Conciles. « Ce que l’Orient reproche, avant toute analyse dogmatique de la nouvelle formule, c’est l’acte schismatique de modifier le texte sacré du Credo malgré les interdictions formelles des Conciles »51.
« Au Concile unioniste de Lyon en 1274, les Orientaux affirment : l’Esprit Saint ne dépend du Fils que dans ses missions temporelles; dans sa vie éternelle, il ne dépend que du Père ». « Le filioquisme trouve ainsi sa place sur le plan de la manifestation. Mais cette manifestation du Fils par l’Esprit Saint est-elle limitée par le temps, ou est-elle éternelle ? »59.
Palamisme. « Le palamisme achève la grande élaboration pneumatologique du Moyen Âge byzantin car selon Palamas, « l’énergie incréée est inséparable de l’Esprit Saint » »62.
« La distinction de l’essence et de l’énergie constitue la première des solutions possibles du Filioque à la lumière de la Tradition orientale. Elle pose la distinction-identité de l’Esprit (to Pneûma avec l’article) en tant qu’Hypostase et de Esprit (Pneûma, sans article) en tant qu’énergie. Au niveau de l’essence commune, l’Esprit en tant qu’Hypostase procède du Père seul bien que conjointement avec le Fils sur lequel il repose. En tant qu’énergie divine, enseigne Palamas, l’Esprit s’épanche à partir du Père par le Fils et, si l’on veut, du Fils ». La solution consiste donc dans la distinction de l’Hypostase de l’Esprit Saint et de l’énergie qu’elle manifeste ex Patre Filioque« 63.
Critiques. « Pour l’Orient, le Filioque rompt avant tout l’équilibre trinitaire ». « La Monade trine dans ce cas éclate en deux Dyades : d’un côté le Père et le Fils, et de l’autre le Père et le Fils confondus et le Saint-Esprit »64. « C’est le résultat de la substitution à la notion positive de la communion dans la diversité, celle, négative, d’opposition de relations d’origine ».
« Les relations ne fondent pas les Personnes, car c’est leur diversité qui détermine leurs relations et non le contraire »65. « La génération est un acte hypostatique, et l’Hypostase du Père est seule productive et génératrice »68.
Corrélations. « La patristique orientale établit les corrélations toujours trinitaires des Personnes divines »70. « Chaque Personne doit être contemplée simultanément dans ses relations avec les Deux autres »71. « Ainsi le Fils dans sa génération reçoit du Père l’Esprit Saint et donc dans son être il est éternellement inséparable de l’Esprit Saint; il est né ex Patre Spirituque« .
« Le Père engendre 1e Fils avec la participation de l’Esprit Saint, et il spire l’Esprit avec la participation du Fils, et même son innascibilité comporte la participation du Fils et de l’Esprit Saint qui en témoignent en provenant de lui comme de leur Source unique. Mais ces relations ne sont point de production, mais de corrélation ». « Cette participation réciproque et trine exclut toute unité dyadique dans la Trinité ». « Ne pensons pas que le Fils ait été envoyé de telle manière par le Père qu’il n’ait pas été envoyé aussi par l’Esprit Saint » (Augustin, Contra Maximimin. Arien. 11, 20, 4). « Le Père avec l’Esprit envoient le Fils; de même, le Père avec le Fils envoient l’Esprit » (Ambroise, De Spiritu Sancto, III, 1, 8 et 3)72.
Causalité. « Les textes rares et isolés favorables au Filioque viennent d’une spéculation métaphysique sur la catégorie causale sans contact avec les données bibliques et liturgiques »68. « Il faut dépasser la notion de cause ». « Aucune production causale ne peut avoir place dans l’éternité ». « La « procession » chez les Pères a clairement l’aspect apophatique. La Trinité existe d’emblée comme trois centres hypostatiques du Sujet tri-unique »74. « Aucune Personne n’est « produite » par une autre mais chacune se détermine à fois de soi-même et des autres, et se qualifie comme Père, Fils et Esprit Saint ». « Bolotov emploie le terme très éclairant de condition : le Fils est la condition trinitaire de la spiration du Saint Esprit par le Père, l’Esprit Saint est la condition trinitaire de l’engendrement du Fils par le Père »75.
Oecuménisme. « Malgré le désaccord théologique, on ne peut pratiquement déceler aucune différence dans l’adoration du Saint Esprit. Le manque de conséquences pratiques indique une insuffisance dogmatique des formules opposées »76. « Le débat dogmatique des théologiens sur l’Esprit Saint a manifesté un manque flagrant d’Esprit et c’est le plus grand paradoxe de l’histoire ».
Spirituque. « Le Fils dans sa génération reçoit du Père l’Esprit qui repose sur lui dans une co-existence inséparable et c’est dans ce sens qu’on peut dire ex Patre Spirituque« 77. « Adam inengendré est l’image du Père; son fils engendré est l’image du Fils; Ève, qui a procédé, signifie l’hypostase de l’Esprit Saint » (Grégoire de Nysse, De ce qu’est l’image, PG 44, 1329)67.
« On peut ajouter encore un argument tiré de l’économie du salut, car dans l’esprit des Pères une certaine analogie entre la vie intradivine et la mission terrestre n’est pas exclue. L’Eprit Saint manifeste visihlement une fonction « génitrice ». Selon le Credo, le Christ est « né de l’Esprit Saint », c’est l’Esprit qui engendre Jésus dans les âmes des baptisés et lors de l’Epiphanie, l’Esprit descend sur le Fils comme une Colombe et c’est Lui encore qui est le souffle de l’enfantement au moment où le Père dit : « Aujourd’hui je t’ai engendré ». C’est aussi pourquoi la virginale maternité de la Théotokos est considérée comme une figure de l’Esprit Saint »78.
III – L’œuvre de l’Esprit
Diversifiante. « Le Christ récapitule et intègre l’humanité dans l’unité de son corps, l’Esprit Saint se rapporte aux personnes et les fait s’épanouir dans la plénitude charismatique des dons, selon un mode unique, personnel pour chacune d’elle »86. « Les langues… se divisaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux » (Actes 2, 3). Au sein de l’unité en Christ, l’Esprit diversifie ».
« Incarnante ». « L’action sanctifiante de l’Esprit précède tout acte où le spirituel prend corps, s’incarne, devient christophanie ». « Ainsi l’Esprit planait sur l’abîme comme un oiseau qui couve, afin d’en faire jaillir le monde, lieu de l’Incarnation. Par la bouche des prophètes, tout l’Ancien Testament est la Pentecôte préliminaire en vue de l’avènement de la Vierge et de son fiat. L’Esprit descend sur Marie et en fait la Théotokos, la Mère de Dieu, et de Jésus il fait le Christ, l’Oint. De ses langues de feu naît l’Église, Corps du Christ. D’un baptisé il fait un membre du Christ et du vin et du pain, le sang et le corps du Seigneur. Dans l’âme de lout baptisé, l’Esprit introduit le Royaume »87.
Effacée. « L’Esprit descend dans le monde, mais sa Personne se dissimule dans son épiphanie (apparition) même. Il ne se manjfeste que dans ses dons et ses charismes. Le grand mystère le couvre. Ses images dans l’Ecriture sont floues et fugitives : souffle, flamme, parfum, onction, colombe… ». « Dans ses manifestations, il est un mouvement « vers Jésus », afin de le rendre visible et manifeste. Sa présence est cachée dans le Fils comme le souffle et la voix qui s’effacent devant la parole, qu’ils rendent audible. Si le Fils est l’image du Père et l’Esprit Saint l’image du Fils, l’Esprit, disent les Pères, est seul à ne pas avoir son image dans une autre Personne, il est essentiellement mystérieux ».
Les « deux mains du Père ».« L’Église est fondée à la fois sur l’Eucharistie et sur la Pentecôte. Le Verbe et l’Esprit, les « deux mains du Père », sont inséparables dans leur action manifestatrice du Père et pourtant ineffablement distincts. L’Esprit n’est pas subordonné au Fils, il n’est pas fonction du Verbe, il est le Second Paraclet »88.
Achèvement. « La Pentecôte apparaît comme la fin ultime de l’économie trinitaire du salut. En suivant les Pères, on peut même dire que le Christ est le grand Précurseur de l’Esprit Saint. « Le Verbe a assumé la chair pour que nous puissions recevoir l’Esprit Saint. Dieu s’est fait sarcophore pour que l’homme puisse devenir pneumatophore » (Athanase, De incarn. 8, PG 26, 996 C). « Tels étaient le but et la destination de toute l’œuvre de notre salut par Ie Christ : que les croyants reçoivent le Saint Esprit » (Syméon le Nouveau Théologien, Discours 38).
Intériorisation. « Ainsi l’Ascension du Christ est l’épiclèse par excellence »89. « Au temps de l’Évangile, le Christ était devant ses disciples. Mais la Pentecôte restitue au monde la présence intériorisée du Christ et le révèle maintenant non pas devant mais au-dedans de ses disciples ». « Cette intériorisation s’opère justement par l’Esprit Saint »90.
Le Royaume. « L’identification du Royaume à l’Esprit, fréquente chez les Pères (Grégoire de Nysse, De Orat. Dom., PG 44, 1157 C; Maxime le Confesseur, Expl. Orat. Dom., PG 90, 884B), se réfère à une variante de la prière dominicale : à la place de « que ton Règne vienne », on lit : « que vienne ton Esprit Saint »91. « Que ton Règne vienne; le Règne de Dieu, c’est l’Esprit Saint, nous prions le Père qu’il le fasse descendre sur nous » (Évagre, Traité de l’Oraison, 58).
Dans ce sens, « cherchez le Royaume de Dieu » signifie « cherchez l’Esprit Saint », l’unique nécssaire, c’est pourquoi, selon saint Séraphin de Sarov, le but la vie chrétienne est l’acquisition de l’Esprit Saint, et, pour saint Irénée, « là où est l’Esprit Saint, là est l’Église » (AH. III, 24, 1).
Donateur. « L’Esprit est la Sainteté hypotasiée »92. « Dans la vie de l’Église, l’Esprit est Donateur de l’amour en nous »93. Le blasphème contre l’Esprit, dit l’Evangile, n’aura pas de rémission car il contredit l’économie même du salut, l’Esprit étant la Source, le Donateur des énergies trinitaires déifiantes qui justement actualisent le salut »94.
« Venue du Christ : l’Esprit Saint devance. Incarnation, l’Esprit est là. Opérations miraculeuses, grâces et guérisons, par l’Esprit Saint. Les démons chassés, le diable enchaîné, par l’Esprit Saint. Rémission des péchés, conjonction avec Dieu : par l’Esprit. Résurrection des morts : par la vertu de l’Esprit. En vérité, la création ne possède aucun don qui ne lui vienne de l’Esprit » (Saint Basile, De Spiritu Sancto, XI, 49; XIV, 37)93.
« Fait intérieur ». « Lors de l’Epiphanie, l’Esprit, visiblement pour tous, descend sur l’humanité de Jésus et y repose. Le jour de Pentecôte, il descend dans le monde en Personne, hypostatiquement, et devient agissant au-dedans de la nature, il se pose en fait intérieur de la nature humaine. Il agit donc à l’intérieur de nous, nous meut, nous rend dynamique et en nous sanctifiant, il nous transmet quelque chose de sa propre nature »94.
« Sans confusion, l’Esprit s’identifie à nous, se fait le co-sujet de notre vie en Christ, plus intime à nous que nous-rnêmes. Par ce « fait intérieur », l’Église, dans son mystère sacramentel et liturgique, est à l’opposé de tout ontologisme statique institutionnel; les énergies vivitiantes de l’Esprit la rendent événementielle, essentiellement dynamique »95.
L’épiclèse. « L’unanime tradition patristique de l’Orient attribue la puissance opérative, dans tous les « rites sacrés », à l’intervention hypostatique de la troisième Personne de la Trinité101. « L’épiclèse eucharistique est la tradition ferme et unanime en Orient. Saint Basile parle de son « origine apostolique ». Sans une croyance initiale, même en germe, en l’action de l’Esprit Saint, l’épiclèse serait incompréhensible et inimaginable »104. « L’épiclèse se situe au seuil de toute communion avec Dieu car selon les Pères, s’il n’y a d’accès au Père que par le Fils, de même il n’y a d’accès au Fils que par le Saint-Esprit »102.
Avant l’épiclèse proprement dite, la liturgie procède par des épiclèses préalables en s’élevant graduellement vers la formule finale ». « Il est évident qu’il n’est ni juste ni correct d’isoler l’instant précis où s’opère le miracle eucharjstique, la métabolè, car la liturgie tout entière, et depuis son commencement, présente un seul Acte qui s’achève dans l’épiclèse »101.
Saint Jean Damascène : « Le changement du pain en corps du Christ s’effectue par la puissane du Saint-Esprit » (De fide orth. IV, 13). Saint Jean Chrysostome : « Nous, nous avons le rôle de serviteurs – celui qui sanctifie et qui transforme, c’est Lui » (In Matth., hom. 82). « Le prêtre ne porte la main sur les dons qu’après avoir invoqué la grâce de Dieu …, ce n’est pas le prêtre qui opère quoi que ce soit…, c’est la grâce de l’Esprit, survenant et couvrant de ses ailes, qui accomplit ce sacrifice rnystique » (De Pentec., hom. 1, 4).
« D’ailleurs, c’est toute l’assemblée qui prie avec le prêtre : « Nous te prions, nous te supplions…» »103. En accord avec cette conception, le prêtre ne s’identifie pas avcc le Christ, il ne prononce pas les paroles « Ceci est mon corps » in persona Christi, mais il s’identifie avec l’Église et parle in persona Ecclesiae et in nomine Christi« 103. « Des paroles de l’anamnèse, l’Esprit Saint fait l’anamnèse épiphanique ».
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