Il est mon soleil
Comme le soleil est la joie
de ceux qui recherchent son jour,
ainsi ma joie c’est le Seigneur,
car il est mon soleil.
Ses rayons m’ont redressé,
sa lumière a dissipé
toute ténèbre de mon visage.
Grâce à lui j’ai acquis des yeux,
et j’ai vu son jour saint ;
j’ai eu des oreilles
et j’ai entendu sa vérité ;
j’ai eu la pensée de la science
et par son moyen je me suis réjoui.
J’ai abandonné la route de l’erreur,
je suis allé vers lui,
et j’en ai reçu généreusement le salut.
Il m’a donné, selon sa bienveillance,
et sa beauté m’a façonné.
En son nom, j’ai revêtu l’incorruptibilité,
j’ai abandonné la corruption par sa grâce.
La mortalité a disparu de devant mon visage,
le séjour des morts a été anéanti par ma parole,
une vie immortelle est montée en la terre du Seigneur.
Elle a été révélée à ses croyants
et accordée sans réserve
à tous ceux qui se confient en lui.
Alléluia !
Odes de Salomon – n° 15 (trad. DDB 1981, p. 35)
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Inspiré par le Verbe
Le Seigneur m’a rempli de paroles de vérité
pour que je puisse l’exprimer.
Comme un cours d’eau, la vérité coule de ma bouche,
mes lèvres montrent ses fruits.
Le Seigneur a fait abonder en moi la connaissance.
Car la bouche du Seigneur prononce le Verbe véritable ;
elle est la porte de sa lumière.
Le Très-Haut a envoyé sa Parole dans le monde :
ceux qui chantent sa beauté,
les hérauts de sa majesté,
les messagers de son dessein,
les évangélistes de sa pensée,
les apôtres de ses œuvres.
La subtilité du Verbe est au-dessus de toute expression…
Sa marche est sans fin :
il ne tombe jamais mais se tient debout ;
personne ne connaît sa descente ni sa route…
Il est lumière et aurore de la pensée :
en lui le monde commence à s’exprimer.
En lui ceux qui d’abord étaient silence ont trouvé la Parole,
parce que de lui viennent l’amour et l’harmonie.
Inspiré par le Verbe, chaque être créé peut dire ce qu’il est.
Tous, ils ont connu leur Créateur
et ils ont trouvé en lui leur harmonie,
car la bouche du Très-Haut leur a parlé.
Le Verbe demeure dans l’homme,
et sa vérité est amour.
Heureux ceux qui par lui ont percé tout mystère
et connaissent le Seigneur dans sa vérité.
Alléluia !
Odes de Salomon – n° 12
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J’ai revêtu l’Esprit
J’ai levé les bras au ciel, vers la grâce du Seigneur.
Il a jeté mes chaînes loin de moi.
Mon protecteur m’a élevé selon sa grâce et son salut.
J’ai dépouillé l’obscurité et j’ai revêtu la lumière ;
mes membres n’éprouvent plus ni peine, ni angoisse, ni douleur.
La pensée du Seigneur m’a secouru ;
sa lumière m’a exalté ;
j’ai marché en sa présence ;
je m’approcherai de lui en le louant et le glorifiant.
Mon cœur a débordé, il a envahi ma bouche,
il a jailli sur mes lèvres.
La joie du Seigneur et sa louange épanouissent mon visage.
Alléluia !
Je me suis échappé de mes chaînes et j’ai fui vers toi, ô mon Dieu !
Tu as été ma droite, mon salut et mon aide.
Tu as contenu ceux qui se dressaient contre moi et ils ont disparu.
Ton visage était avec moi et ta grâce me sauvait.
J’étais méprisé et réprouvé aux yeux de la multitude.
Mais tu m’as donné force et secours.
Tu as placé la lumière à ma droite et à ma gauche.
Que tout en moi ne soit que lumière !
J’ai revêtu le vêtement de ton Esprit,
et tu as ôté de moi les vêtements de peau (Gn 3, 21).
Ta droite m’a élevé et a chassé loin de moi la maladie.
Ta vérité m’a rendu robuste et ta justice m’a sanctifié.
J’ai été justifié par ton amour si doux,
et ton repos est pour moi dans les siècles des siècles.
Alleluia !
Odes de Salomon – N° 21 et 25 (trad. Hamman, DDB 1981, p. 43, 48)
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J’ai trouvé le repos
Comme les ailes des colombes sur leurs petits…,
ainsi sont les ailes de l’Esprit sur mon cœur.
Mon cœur se réjouit et tressaille
comme un enfant tressaille dans le sein de sa mère.
J’ai cru et j’ai trouvé le repos ;
il est fidèle celui en qui j’ai cru.
Il m’a béni de bénédictions et ma tête s’est tournée vers lui.
Nul glaive ne me séparera de lui pas plus que nulle épée.
Je me suis préparé, avant que n’arrive la perte,
je me suis placé sur ses ailes incorruptibles.
La vie immortelle m’a pressé et étreint,
d’elle vient l’Esprit qui est en moi :
Il ne peut pas mourir, car il est la vie.
[Le Christ parle :] Ceux qui m’ont vu ont été étonnés
parce que j’étais persécuté.
Ils me croyaient anéanti, parce que je leur paraissais perdu.
Mais l’oppression est devenue mon salut.
J’étais devenu objet de mépris.
Il n’y avait pas en moi d’envie ;
je faisais le bien à tous les hommes, et j’en ai été haï.
Ils m’ont cerné comme des chiens furieux (Ps 21, 17),
des insensés qui marchent contre leurs maîtres ;
leur intelligence est corrompue, leur esprit perverti.
Pour moi j’ai retenu les eaux par ma droite,
ma douceur supportait leur amertume.
Je n’ai pas péri, car je n’étais pas de leur engeance,
ma naissance n’était point la leur.
Ils cherchèrent ma mort et n’ont pas réussi ;
j’étais plus ancien que leur mémoire.
En vain se ruèrent sur moi ceux qui étaient à ma poursuite ;
en vain ils ont cherché à supprimer
le souvenir de celui qui était avant eux.
Le dessein du Très-Haut, rien ne le dépasse,
son cœur est plus grand que toute sagesse. Alléluia !
Odes de Salomon – n° 28 (trad. DDB 1981, p. 51)
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Ma joie, c’est le Seigneur
Ma joie, c’est le Seigneur, et mon élan se porte vers lui.
Belle est ma route vers le Seigneur, car il est mon soutien.
Il s’est fait connaître lui-même dans sa simplicité,
sa bienveillance a diminué pour moi sa grandeur.
Il s’est fait semblable à moi pour que je le reçoive ;
il s’est fait semblable à moi pour que je le revête.
Je n’ai pas été effrayé en le voyant,
car il est ma miséricorde.
Il a pris ma nature pour que je le comprenne,
et mon visage pour que je ne me détourne pas de lui.
Celui qui donne la connaissance est le Verbe,
la Parole de la connaissance.
Lui qui a créé la sagesse est plus sage que tout ce qu’il a créé.
Lui qui m’a créé, il savait avant que je ne sois
ce que je ferais quand j’existerais.
À cause de cela il a eu pitié dans sa miséricorde,
il m’a accordé que je prie
et que je reçoive de son sacrifice.
Oui, Dieu est impérissable,
il est la plénitude des mondes et leur Père.
Il s’est manifesté aux siens,
pour qu’ils connaissent celui qui les a faits,
et ne s’imaginent plus tirer d’eux-mêmes leur origine.
Il a ouvert une route à la connaissance,
il l’a élargie, prolongée et conduite à sa perfection.
Il a posé sur elle les empreintes de sa lumière,
et ses traces, du début jusqu’au terme,
car elle est son œuvre.
Il a mis tout son amour dans le Fils.
À cause de son salut, il exercera sa toute-puissance,
et le Très-Haut sera connu par ses saints,
pour annoncer la venue du Seigneur à ceux qui chantent,
afin qu’ils aillent à sa rencontre
et lui chantent dans la joie.
Odes de Salomon – Ode 7 (trad. DDB 1981, p. 23 rev.)
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Mon âme exalte le Seigneur
J’ai levé les bras au ciel,
vers la grâce du Seigneur.
Il a jeté mes chaînes loin de moi ;
mon protecteur m’a élevé
selon sa grâce et son salut.
J’ai dépouillé l’obscurité
et revêtu la lumière.
J’ai trouvé des membres qui ne connaissaient
ni peine ni angoisse ni douleur.
La pensée du Seigneur m’a beaucoup secouru,
ainsi que sa communion incorruptible.
Sa lumière m’a exalté,
j’ai marché en sa présence,
et m’approcherai de lui,
le louant et le glorifiant.
Mon cœur a débordé,
il a envahi ma bouche,
il a jailli sur mes lèvres.
L’exultation du Seigneur et sa louange
épanouissent mon visage.
Alléluia !
Odes de Salomon – Ode 21 (trad. Hamman, DDB 1981, p. 43)
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Mon âme l’aime
[Par le baptême] je revêts l’amour du Seigneur (Ga 3, 27)…,
il m’étreint.
Je n’aurais pas su aimer le Seigneur,
si lui-même ne m’avait aimé le premier.
Qui peut comprendre l’amour,
si ce n’est celui qui est aimé ?
J’étreins l’Aimé et mon âme l’aime.
Où est son repos,
là je me trouve (cf. Ct 1, 7).
Je ne serai plus un étranger ;
le Très-Haut est miséricordieux.
Je suis uni à lui,
car l’Époux a trouvé celui qu’il aime.
Parce que j’aime le Fils,
je deviens fils.
Oui, qui adhère à Celui qui ne meurt pas
sera lui-même immortel.
Celui qui se complaît en la Vie
sera vivant à son tour.
Tel est l’esprit du Seigneur sans mensonge,
qui apprend aux hommes à connaître ses voies.
Soyez sages, comprenez et soyez vigilants. Alléluia !
Odes de Salomon – Ode 2, trad. DDB 1981, p. 18
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Paroles du Ressuscité
Je suis auprès de ceux qui m’aiment.
Tous mes persécuteurs sont morts ;
ceux qui me savaient vivant m’ont cherché.
Je suis ressuscité, je suis avec eux, je parle par leur bouche.
Ils ont repoussé ceux qui les persécutent ;
sur eux j’ai jeté le joug de mon amour.
Comme le bras du fiancé sur sa fiancée (cf. Ct 2, 6),
ainsi mon joug sur ceux qui me connaissent.
Comme la tente des fiançailles est dressée chez le fiancé,
mon amour protège ceux qui croient en moi.
Je n’ai pas été réprouvé, quand même j’ai semblé l’être.
Je n’ai pas péri, bien qu’ils l’aient imaginé.
Le séjour des morts m’a vu et il a été vaincu,
la mort m’a laissé partir, et beaucoup avec moi.
J’ai été pour elle fiel et vinaigre ;
je suis descendu avec elle, dans son séjour,
autant qu’il avait de profondeur.
La mort s’est relâchée, elle n’a pas pu supporter mon visage.
J’ai tenu parmi ses morts une assemblée de vivants (1P3, 19 ;4, 6).
Je leur ai parlé avec des lèvres vivantes,
en sorte que ma parole n’ait pas été pas vaine.
Ils ont couru vers moi ceux qui étaient morts ;
ils ont crié et dit : « Aie pitié de nous,
Fils de Dieu, agis avec nous selon ta grâce.
Fais-nous sortir des liens des ténèbres,
ouvre-nous la porte, que nous sortions vers toi.
Nous voyons que notre mort ne s’est pas approchée de toi.
Soyons délivrés, nous aussi avec toi, car tu es notre Sauveur ».
Pour moi j’ai entendu leurs voix,
leur foi, je l’ai recueillie en mon cœur
Sur leurs fronts j’ai tracé mon nom (Ap 14, 1) ;
ils sont libres et ils m’appartiennent.
Alléluia !
Odes de Salomon – n° 42 (trad. DDB 1981, p. 67)
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