Lanza del Vasto
Il repose à présent parmi les grands sapins,
Pèlerin éternel d’un voyage immobile,
Rendu participant de l’ascension tranquille
Des troncs noirs vers le ciel impassible et serein.
Son verbe ne résonne plus parmi les hommes,
L’accent clair de sa voix sur terre s’est éteint,
Mais j’en reçois l’écho dans le vent qui frissonne
Et leur message monte en moi comme un matin.
Sait-on de quel rocher de souffrance a jailli
Cette lance de vérité, cette âme fière ?
C’est avec l’arme du regard qu’il combattit
En Serviteur de paix contre un siècle de fer.
Il se tient désormais sur la plus haute marche :
Quels lendemains le choisiront pour patriarche ?
Daniel Vigne