Jésus élevé sur la croix

Le Christ en croix, Matedanaran, Erevan © D.Vigne 2016

Le Christ en croix, Matedanaran, Erevan © D.Vigne 2016

2013 Homélies

Daniel Vigne, Jésus élevé sur la croix (Jn 3, 13-17), abbaye d’En-Calcat, 14 septembre 2013. [pdf]

Jésus élevé sur la croix

De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. (Jn 3, 14-16)

Nous savons qui a inventé la guillotine : le tristement célèbre Guillotin. Nous ne savons pas qui a eu, le premier, l’idée de la crucifixion, supplice public, lui aussi, mais abominablement plus lent et douloureux. Le condamné agonisait pendant des heures, voire des jours, suspendu aux yeux de tous. Les Romains en avait fait un instrument de répression très efficace : on dit que sur les routes qui menait à Jérusalem, les rebelles étaient mis à mort par centaines, comme sur d’autres horribles poteaux télégraphiques, pour dissuader le peuple de toute révolte.

Ce tronc d’arbre terrifiant symbolise donc toute la cruauté dont l’homme est capable. On peut penser que le diable, l’antique serpent, le spécialiste en inhumanité, n’est pas pour rien dans l’invention d’un tel supplice.

Mais par le Christ qui ouvre les bras sur cette croix infâme, par Jésus l’Innocent qui se laisse clouer, par amour, sur ce bois mort, la vie est revenue parmi les hommes. Le diable n’y a rien compris : ce qu’il y avait de pire, le signe exact de son odieuse méchanceté, est devenue la hampe du salut. Comme un drapeau, le linceul vide, l’étendard de la Résurrection, flotte désormais sur ce grand mât de mort, devenu un grand arbre verdoyant

Oui, Seigneur, nous levons les yeux vers ta croix vivifiante, nous goûtons de ses fruits, nous respirons le parfum de ses fleurs, le parfum de ton Esprit. Nous voulons vivre à l’ombre de cet arbre de vie. Et lorsque tout à l’heure nous tiendrons dans nos mains ton corps livré, ton corps vivant, vainqueur du mal et de la mort, que sa sève nous guérisse, nous sanctifie, nous sauve. Gloire à ta croix, ô Christ. Elle est notre espérance. Amen.

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