François Cassingena-Trévedy – Étincelles

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Étincelles de meulage de l'acier

Étincelles de meulage de l'acier

Livres religieux

François Cassingena-Trévedy – Étincelles, Ad Solem, 2005 (résumé-citations D. Vigne, 4 pages pdf).

François Cassingena-Trévedy

Étincelles

(pensées regroupées par thèmes)

Désir

Les envies nous enlèvent la vie ; le Désir seul l’avive.page 20

Ne pas laisser nos désirs aléatoires et circonstanciels nous tirer à hue et à dia ; centrer notre désir, c’est-à-dire nous mettre enfin à désirer au Centre même.144

Avant même le cheminement vers le but, l’orientation vers le but est déjà à elle seule un effort : elle est même l’effort principal et constant de l’existence.103

La sainteté n’est peut-être pas autre chose qu’un certain état d’actualité constant de nous même dans lequel nous tâchons de persévérer, si humble que soit par ailleurs ce dont nous sommes en acte.83

Le seul sacrifice que le Seigneur attend de nous, c’est, au fond, l’unification de nous-même. […] On est d’autant plus pur que l’on est plus un.128

Détachement

Laisser tomber beaucoup de choses, de plus en plus de choses ; tout laisser tomber ; nous laisser tomber nous-même. Nous laisser tomber parce qu’il ya un Fond, et parce que ce Fond est Dieu.33

Le jeu le plus hardi consiste à s’avancer si loin que l’on s’efface, mais sans s’anéantir jamais, puisque l’Immense nous retrouve toujours en Soi pour que nous nous retrouvions en Lui.106

Ne point parler de ses états d’âme ; n’en avoir même aucun, mais s’enfoncer plutôt, s’effacer dans l’état habituel de Dieu.150

Porter constamment en soi-même, comme son double, la critique radicale de tout ce que l’on fait et de tout ce que l’on est. […] Il faut décamper de soi.148

Qu’est-ce que la pureté ? Un regard qui ne se regarde pas.90

Que ton péché même ne gêne pas l’élan de ta louange. Jette ton péché dans ta louange. […] Fais de louange géhenne !93

Ascèse

Pas de Mystère sans austérité : austérité de la vie qui y introduit, austérité des formes qui le traduisent.142

Perdre notre habitude et retrouver le chemin de notre habitation.129

Dieu n’entend rien de machinal : il faut étudier notre propre cri.102

Ne pas livrer la moindre parole au-dehors qu’on ne l’ait préméditée. C’est ascèse ; c’est justice.150

Silence

Les hommes ont peur du silence : s’ils savaient combien il a peur d’eux, et avec quelles délicatesses il cherche, lui, à les apprivoiser !23

Le Silence est tout le minerai de la vie spirituelle : il n’est que de s’en faire carrière, abondamment.35

Ce n’est pas assez que tu fasses silence : il faut encore que ton silence porte du fruit ; que ton silence te porte toi-même, comme son fruit.71

La parole n’atteint son but et n’honore son essence que si le Silence l’acère.150

Fais silence, fais de silence métier, et tu verras : tout doucement, le silence fera de toi une parole.124

Oraison

Oraison – Intrusion de la lumière, visite d’un rayon. Ne pas bouger, ne rien loger en soi d’encombrant, de peur de l’apeurer.76

L’idéal de l’oraison, c’est un regard qui ne fait pas de bruit.91

Ne point s’étonner de ne rien sentir dans la prière, ne s’en inquiéter point ; s’en rassurer plutôt et demeurer dans la paix de cette absence de sentir où la Présence filtre et ramifie.49

Attendre, ou plutôt inattendre, s’inattendre à Dieu, car Dieu est foncièrement l’Inattendu.16

La vie contemplative ne consiste pas tant à réfléchir sur Dieu qu’à réfléchir Dieu.73

Entrer chaque matin dans le secrétariat du Père. Dans le souci du Père, dans le souci que le Père a du monde, ouvrir avec Lui les volets du monde entier.131

Plus une âme est proche de Dieu, plus elle est précise en son pouvoir d’intercession.146

Intelligence

Il n’est que le vrai, au fond, qui émeuve : les larmes les plus pures et les plus efficaces jaillissent toujours en nous de quelque évidence subitement perçue.36

À qui n’entend rien au Verbe, la chair est muette et ne sert de rien.31

Lectio divina – Lire le verset jusqu’au vertige.125

L’acte d’écriture n’est pas servile par rapport à ce qu’il serait convenu d’appeler l’inspiration, mais il est déjà, par lui-même, une source d’inspiration.136

Ne pense pas tout, mais donne beaucoup à penser.150

Homme

Jésus-Christ ne nous est pas ultérieur, mais transversal.83

L’humain délimite exactement la frontière qu’habite l’Infini.147

La moindre égratignure faite à l’homme fait tout aussitôt couler le sang de Dieu.147

Le rire est la superficie de l’homme, mais les larmes, elles, sont le fond de l’homme, et les larmes n’ont pas de fond.56

Les hommes – presque tous – entreprennent des aventures qui les mènent très loin, qui les égarent très loin, et diffèrent indéfiniment d’entreprendre l’aventure verticale. […] Comme la Verticale est ardue aux pauvres reptiles que nous sommes !137

Pour chacun de nous, la maturité de notre construction personnelle et intérieure consiste à nous reconnaître relatifs.127

Réalité

La poésie véritable ne complique pas le réel : elle le découvre, elle le constate pour en décrire instantanément l’évidente simplicité.144

Il n’est d’extase que dans la correspondance parfaite avec la réalité, avec toute sorte de réalité pourvu qu’elle soit telle. Non dans l’évasion, mais dans l’exactitude.84

L’âme contemplative se pose sur le créé comme l’oiseau sur la branche ; la moindre réalité lui sert de balançoire et de tremplin.134

Lorsque le regard est assez pur, assez naïf, […] il fait tourner le monde : l’œil devient essieu.135

Pour accueillir l’Événement et connaître le fond de l’Histoire, il faut s’interdire tout fait divers.84

L’abondance contemporaine de l’information n’est qu’un leurre : bien peu ont suffisamment de lumière et de maturité pour distiller le bruit du monde et, en ne retenant du monde que l’essence, tâcher de le transformer.135

Don de soi

Le visage est détachable de celui qui le penche, de celui qui le pose sur autrui, sur les choses, comme un vêtement, comme un pansement.31

Il y a un premier versant de la vie pour choisir ce que l’on aime, et puis il y a un autre versant de la vie pour aimer – progressivement – ce que l’on a choisi.124

Si réellement l’on a un don, il ne faut pas le mettre en doute : il faut se donner éperdument à lui, afin de se donner soi-même, à travers lui.26

Il ne s’agit pas tant pour nous de fournir au monde des preuves de l’existence de Dieu que d’être au monde des preuves de son Incarnation.82

Notre vie n’a pas d’autre fin que de donner lieu à des commencements : nos extrêmes branches seront pour d’autres, pour beaucoup d’autres, des racines.90

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