Jean-Pierre Bagot – Pour lire la Bible

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Bible historiée de Thomas du Val, 1411

Bible historiée de Thomas du Val, 1411

Livres religieux

Jean-Pierre Bagot – Pour lire la Bible, Paris, Éditions du Cerf, 1983 (résumé-citations D. Vigne, 3 pages pdf).

Jean-Pierre Bagot

Pour lire la Bible

Le livre

La Bible est le best-seller par excellence, le livre qui marque notre culture occidentale et le monde entierpage 5. L’histoire biblique se localise dans un espace restreint : le milieu proche-oriental11. Les récits bibliques arrivent d’époque, de lieux, de milieux différents. Il a fallu plus de 1000 ans pour constituer cette bibliothèque3.

Elle n’est pas un simple document archéologique, pittoresque mais révolu. Elle est traversée par une lumière6. Ce texte parfois obscur nous parle peu à peu. Derrière les mots, il y a Quelqu’un3. Ouvrir la Bible, c’est entrer en relation avec lui4. Dieu est le personnage principal de la Bible, qui parle, à qui l’on parle, et de qui l’on parle14. Le mot Testament n’a rien de mortuaire : il vient de l’hébreu berit qui signifie Alliance17. L’infidélité du peuple d’Israël est constamment soulignée, mais aussi la persévérance aimante de Dieu14.

L’inspiration

Dieu a accepté la fragilité de l’expression humaine. Du même coup, il a donné valeur et saveur à ces langages3. La Bible accepte les traductions, les explications, les interprétations3. Les auteurs ne se préoccupent pas de supprimer toutes les contradictions entre les traditions qu’ils rapportent12. Ils conservent des récits choquants, violents, et des représentations de Dieu qui nous scandalisent12. Ils font une relecture permettant de comprendre les faits, d’en dessiner le sens13.

Les prophètes parlent sous l’emprise d’une persuasion divine, certains que Dieu les visite31. L’inspiration n’est pas une dictée, elle ne supprime en rien l’action propre de l’auteur humain34. De plus, la propriété littéraire n’existe pas dans l’Antiquité : un disciple peut remanier les textes de l’auteur originel29. Il peut aussi écrire, à sa place, ce que l’auteur dirait s’il vivait encore29. Les textes bibliques expriment la méditation de tout un peuple, à la lumière de sa foi en Dieu29.

Le canon

Le judaïsme rabbinique de Palestine a fixé son canon des Écritures à Iavné à la fin du Ier siècle, en réaction contre le christianisme naissant18. Les chrétiens d’autrefois proches de la Palestine, et plus tard les protestants, ont gardé ce « canon d’Antioche », plus restreint19. La TOB a gardé l’ordre du canon hébraïque : Pentateuque, Prophètes (y compris les livres de Josué, des Juges, de Samuel, des Rois), et Écrits. Elle met à part les 9 livres « deutérocanoniques20 » : Esther grec, Judith, Tobit, Maccabées, Sagesse, Siracide, Baruch, Lettre de Jérémie, Daniel grec16

Mais un autre canon existait déjà dans la Septante, traduite en grec vers 150 avant notre ère pour les juifs de diaspora18. La Septante comportait des textes écrits directement en grec ou dont l’original en hébreu est perdu18. Catholiques et orthodoxes, ont adopté le « canon d’Alexandrie », conforme à celui de la Septante19. Il distingue les « grands » prophètes : Isaïe, Jérémie, Ézéchiel, Daniel, des 12 petits (de Osée à Malachie)21. Dans aucune classification, l’ordre des livres bibliques n’est strictement chronologique24.

Le support

Les lettres hébraïques ont été gravées sur la pierre, puis sur le cuir, puis sur des rouleaux de papyrus28. Au volumen, rouleau peu commode, succède au IIe siècle le codex, en forme de livre, d’abord fait de papyrus, puis, au Moyen Âge, de parchemin28. Le vélin, qualité supérieure de parchemin, apparaît au XIIIe siècle28. Le papier, inventé en Chine au VIIIe siècle, ne se diffusera en Occident qu’après l’invention de l’imprimerie28.

Le texte

La tradition biblique a d’abord été orale, ce qui n’implique pas qu’elle était moins sûre27. Les Massorètes, à Babylone et surtout à Tibériade, accomplirent le travail de fixation finale du texte hébraïque32. Massore signifie note : elles entourent le texte « comme une haie » en précisant l’orthographe, la grammaire, le nombre de mots32. Le plus ancien texte massorétique complet, daté de 1008, est conservé à Leningrad35. Mais les manuscrits de Qumran nous ont livré des textes quasiment identiques35.

Les juifs divisent l’Ancien Testament en sections de lecture hebdomadaire à la synagogue22. La division en chapitres commence au XIe siècle, la division en versets au XVIe siècle (par Robert Estienne, 1555)23.

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