L’Église est vivante

Le Christ et l'Église, fresque de Nicolaï Greschny, église d'Aston, 1961

Le Christ et l'Église, fresque de Nicolaï Greschny, église d'Aston, 1961

2007 Homélies

Daniel Vigne, L’Église est vivante, baptême de Nathanaël Costes, église Saint-Pierre, Aston, 6 octobre 2007. [pdf]

L’Église est vivante

Baptême de Nathanaël

Lorsque Jésus voit Nathanaël venir à lui, il déclare à son sujet : « Voici vraiment un Israélite : il n’y a pas de ruse en lui. » Nathanaël lui demande : « D’où me connais-tu ? » Jésus lui répond : « Avant que Philippe t’appelle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. » Nathanaël lui dit : « Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu, c’est toi le roi d’Israël ! » (Jn 1, 47-49)

Dans la fête qui nous rassemble ce matin, je vois un signe. Un signe qui tient en trois mots et dont je donnerai trois preuves. Le signe que l’Église est vivante.

Je sais que cette phrase peut surprendre : on n’arrête pas de nous dire, au contraire, que le christianisme est en crise et qu’il va disparaître de nos sociétés… Et il est vrai que dans cette église (je veux dire dans ce bâtiment), vous avez connu de grandes assemblées, une vie liturgique intense, beaucoup d’enfants catéchisés, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Il est vrai aussi que dans nos villes, la publicité, la télé, la frénésie de consommation semblent avoir chassé la prière, l’intériorité, l’amour de ce qu’il y a de plus grand, je veux dire de Dieu.

Mais Dieu lui-même, comment penser qu’il soit désormais absent, inexistant, parti ? Il est la Vie, il est le Vivant, et tous ceux qui s’approchent de Lui participent à cette Vie. Alors avant tout, monsieur l’abbé, permettez-moi de m’adresser à vous et de vous dire : merci. Merci de nous accueillir dans ce lieu si beau vous vous êtes le gardien, le protecteur. Merci parce que vous êtes le témoin d’une Église qui vient de loin, qui a été fidèle à sa mission, puisqu’elle nous a transmis le trésor de la foi. Oui, l’Église est vivante, et la première preuve que c’est vrai, c’est vous !

Depuis les apôtres, qui avaient vécu avec Jésus, depuis les premiers temps de l’Église, il y a toujours eu des « passeurs » pour transmettre l’Évangile. Des témoins pour dire à la génération suivante : le Christ est vivant, soyez vivants en lui. C’est extraordinaire : depuis vingt siècles, sur tous les continents, ce message se diffuse. Secrètement. Patiemment. La flamme ne s’éteint pas. Elle passe de main en main, comme tout à l’heure le cierge que porteront le parrain et la marraine.

Merci, monsieur l’abbé, d’être un de ces témoins que le Christ a appelés à le servir, il y a longtemps ! La plupart d’entre nous n’étions même pas nés quand vous avez accepté cette mission difficile. Et cette Église qui nous vient du passé, de si loin dans le passé (quand on regarde ces magnifiques fresques de Nicolaï Greschny, avec tous leurs personnages, c’est comme si elle nous regardait), cette Église, nous accueillons la vie qu’elle nous transmet. Nous l’accueillons aujourd’hui, au présent.

Car la deuxième preuve que l’Église est vivante, frères et sœurs, c’est vous ! Vous avez fait le trajet jusqu’à ce village d’Aston qui nous accueille. Vous êtes là, avec la foi que vous avez dans le cœur, chacun. Avec cette petite flamme que les difficultés de la vie, parfois, mettent à l’épreuve. Mais cette petite flamme est comme une étoile. Elle ne s’éteint pas ; elle est plus forte que la nuit. Elle vous guide vers le Christ. Elle nous rassemble, comme à la crèche… autour d’un enfant.

Oui, l’Église est vivante, puisque nous sommes là, autour de vous, Xavier et Prisca, qui avez si bien préparé cette fête. Autour de toi, Nathanaël. Quel beau nom ! Il signifie « don de Dieu », en hébreu, ou bien « Dieu a donné »…

Il est la troisième preuve. Il est le signe. Le signe que l’Église vit, puisqu’elle fait des bébés ! ou plutôt des enfants, des enfants de Dieu. L’Église est vivante de la vie de Dieu, et elle la donne. Elle va te la donner, Nathanaël, cette vie, pour toujours. Tu deviens membre d’une famille immense, grande comme le monde. Tu es son avenir. Tu es l’avenir de l’Église. Alléluia !

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