Justin de Rome – textes

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De la circoncision au baptême

Il faut désormais une seconde circoncision, et vous vous glorifiez de la chair. La loi nouvelle veut que vous observiez continuellement le sabbat, et vous, parce que vous restez à ne rien faire une journée, vous croyez être pieux. Vous ne réfléchissez pas à la raison du précepte. Et si vous mangez du pain azyme, vous dites que vous avez accompli la volonté de Dieu. Ce n’est point en ces choses que se plaît le Seigneur, notre Dieu. S’il y a parmi vous un parjure ou un voleur, qu’il cesse ; s’il y a un adultère, qu’il fasse pénitence, et il a observé « les sabbats de délices », les véritables sabbats de Dieu. Si quelqu’un n’a pas les mains pures, qu’il se lave et il est pur.

Car ce n’est certes pas au bain que vous envoyait Isaïe, pour vous y laver de vos meurtres et de vos autres péchés ; pas même l’eau tout entière de la mer ne suffirait à vous en purifier ; mais naturellement, il parlait déjà de ce bain salutaire de ceux qui se convertissent et se purifient, non plus par le sang des boucs et des brebis, ni par la cendre d’une génisse, ou par des offrandes de farine, mais par la foi, grâce au sang du Christ et à sa mort. C’est pour cela qu’il est mort, comme l’a déclaré le même Isaïe. (…)

C’est donc par le bain de la pénitence et de la connaissance de Dieu, qui est fait pour réparer l’iniquité des peuples de Dieu, comme le proclame Isaïe, que nous avons cru. Nous savons que ce qu’il prédisait, c’était le bain baptismal qui peut seul purifier ceux qui ont fait pénitence, c’est-à-dire l’eau de la vie. Quant aux citernes que vous vous étiez creusées, elles sont détruites et ne vous servent de rien. A quoi donc sert ce baptême qui nettoie la chair et seulement le corps ? Lavez-vous l’âme de la colère, de la cupidité, de l’envie et de la haine, et votre corps sera pur. Et ce que signifiaient les azymes, c’est que vous n’accomplissiez pas les vieilles œuvres du mauvais levain. Mais vous avez tout compris à la manière charnelle…

Justin de Rome – Dialogue avec Tryphon, ch. 12, 13, 14

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Je suis chrétien

On arrêta ensemble les saints et on les conduisit au préfet de Rome, Rusticus. Quand ils furent devant le tribunal, le préfet Rusticus dit à Justin… : « A quelle science te consacres-tu ? – J’ai successivement étudié toutes les sciences. J’ai fini par m’attacher à la doctrine vraie des chrétiens… – Quelle est cette doctrine ? – Nous adorons le Dieu des chrétiens ; ce Dieu, nous croyons qu’il est unique, que dès l’origine il est le créateur de tout l’univers, des choses visibles et invisibles. Nous croyons que Jésus Christ, le serviteur de Dieu, est Seigneur, annoncé par les prophètes comme devant assister la race des hommes, messager du salut et maître du beau savoir. Moi qui ne suis qu’un homme, je suis trop petit pour parler dignement de sa divinité infinie ; je reconnais qu’il y faut une puissance de prophète… Or les prophètes étaient inspirés d’en haut, quand ils ont annoncé sa venue parmi les hommes. »

Le préfet Rusticus demanda : « Où vous réunissez-vous ? … Où rassembles-tu tes disciples ? – – Je demeure au-dessus d’un certain Martin, près du bain de Timothée. Tous ceux qui ont voulu m’y trouver, je leur ai communiqué la doctrine de la vérité. – Tu es donc chrétien ? – Oui, je suis chrétien. »

Le préfet Rusticus dit à Chariton : « A ton tour, Chariton. Es-tu chrétien ? – Je suis chrétien par la volonté de Dieu. – Et toi, qu’es-tu, Evelpiste ? – Moi aussi je suis chrétien. Esclave, j’ai été affranchi par le Christ, je partage la même espérance, par la grâce du Christ. – Est-ce Justin qui t’a fait chrétien ? – J’ai toujours été chrétien, et je le serai toujours… J’écoutais sans doute avec plaisir les leçons de Justin ; mais je dois à mes parents d’être chrétien »…

Péon se leva et dit spontanément : « Moi aussi, je suis chrétien. » Le préfet dit à Libérien : « Et toi, qu’as-tu à dire, es-tu chrétien ? Es-tu toi aussi un impie ? – Moi aussi je suis chrétien. Je ne suis pas un impie, mais j’adore le seul vrai Dieu. »

Le préfet revint à Justin : « Écoute-moi, toi qu’on dit éloquent et qui crois posséder la doctrine véritable. Si tu es fouetté, puis décapité, es-tu convaincu qu’après tu monteras au ciel ? Tu imagines que tu y recevras des récompenses ? – J’espère que j’y aurai ma demeure, si je supporte tout cela. Et je sais que la récompense divine est réservée, jusqu’à la consommation de l’univers entier, à tous ceux qui auront vécu de la sorte… Je ne l’imagine pas, j’en suis convaincu, j’en ai la certitude. »

 

Justin de RomeMartyre de saint Justin (trad. coll. Icthus, vol. 2, p. 171)

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Jésus au Jourdain

Alors Jésus vint au fleuve du Jourdain où Jean baptisait ; tandis qu’il descendait dans l’eau, du feu même s’alluma dans le Jourdain, et pendant qu’il remontait de l’eau, l’Esprit Saint comme une colombe voltigea sur lui ; ce sont les apôtres de ce Christ lui-même qui l’on écrit.

Et s’il est descendu dans le fleuve, nous le savons, ce n’est pas qu’il ait eu besoin d’être baptisé ou que l’Esprit Saint vienne sur lui sous la forme d’une colombe ; de même qu’il n’avait pas besoin non plus d’être engendré et d’être crucifié, et cependant il a souffert de l’être, pour la race des hommes qui, depuis Adam était tombée au pouvoir de la mort et dans la fraude du Serpent, et qui, par la faute personnelle de chacun, commettait le mal. …

Quand Jésus vint au Jourdain, on le croyait alors fils de Joseph le charpentier ; il était sans beauté (Is. 53, 2) comme les Écritures le proclamaient ; il passait pour un charpentier (car tandis qu’il était parmi les hommes, il fabriquait ces ouvrages de charpentier : des charrues et des jougs, s’en servant pour enseigner les symboles de la justice et la vie active).

À ce moment donc, l’Esprit Saint, et cela à cause des hommes, comme j’ai déjà dit, voltigea au-dessus de lui sous la forme d’une colombe, et en même temps vint des cieux une voix ; cette voix avait déjà parlé par David qui, comme au nom du Christ, avait révélé ce qui devait lui être dit de la part de son Père : « Tu es mon fils, je t’ai engendré aujourd’hui » (Lc 3, 21-22). Le Père déclarait qu’il était engendré pour les hommes au moment où on devait commencer à le connaître.

Justin de RomeDialogue avec Tryphon, 88

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L’illumination baptismale

Nous allons vous exposer comment, après avoir été renouvelés par le Christ, nous nous consacrons à Dieu… Ceux qui croient à la vérité de notre doctrine et de notre parole promettent de vivre selon cette loi. Nous leur enseignons à prier et à demander à Dieu, en jeûnant, le pardon de leurs péchés passés, et nous-mêmes nous prions et nous jeûnons avec eux. Ensuite nous les conduisons en un endroit où il y a de l’eau et là, de la même manière que nous avons été régénérés nous-mêmes, ils sont régénérés à leur tour. Au nom de Dieu le Père, maître de l’univers, de notre Sauveur Jésus Christ et de l’Esprit Saint, ils sont alors lavés dans l’eau.

Le Christ a dit en effet : « Si vous ne renaissez pas, vous n’entrerez pas dans Le Royaume des cieux ». Il est évident pour tout le monde que ceux qui sont nés une fois ne peuvent pas rentrer dans le sein de leur mère. Le prophète Isaïe a enseigné comment les pécheurs convertis effaceront leurs péchés ; il a parlé ainsi : « Lavez-vous, purifiez-vous, enlevez la méchanceté de vos âmes, apprenez à faire le bien… Venez et discutons, dit le Seigneur. Et si vos péchés sont comme l’écarlate, je vous rendrai blancs comme la laine » (Is 1, 16s)… Voici la doctrine que les apôtres nous ont transmise à ce sujet. Nous avons reçu la première naissance sans le savoir et par nécessité, par suite de l’union de nos parents… Pour que nous ne demeurions pas les enfants de la nécessité et de l’ignorance, mais du libre choix et de la connaissance, et pour que nous obtenions dans l’eau le pardon de nos péchés passés, sur celui qui veut renaître et se convertir de ses péchés, on invoque dans l’eau le nom du Père de l’univers, notre Dieu et Maître. Il ne lui donne pas d’autre nom, celui qui conduit le candidat au baptême, car personne n’est capable d’attribuer un nom au Dieu qui est au-dessus de toute parole…

Ce bain du baptême est appelé « illumination » parce que ceux qui reçoivent cette doctrine ont l’esprit rempli de lumière. C’est aussi au nom de Jésus Christ, crucifié sous Ponce Pilate, et au nom de l’Esprit Saint qui a proclamé d’avance par les prophètes tout ce qui se rapporte à Jésus, c’est en leur nom qu’est baptisé celui qui reçoit la lumière.

Justin de RomePremière apologie 1, 61

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La chair, image de Dieu ?

« Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance. » De quel homme s’agit-il ? Forcément un homme de chair. Le Verbe dit en effet : « Et Dieu prit de la terre du sol et modela l’homme. » Il est donc évident que l’homme modelé à l’image de Dieu était de chair. Alors quelle absurdité de prétendre méprisable, sans aucun mérite, la chair modelée par Dieu selon sa propre image ! Que la chair soit précieuse aux yeux de Dieu, c’est évident …

En vérité, Dieu a appelé la chair à renaître et lui a promis la vie éternelle. Car là où l’on annonce la bonne nouvelle du salut de l’homme, on l’annonce aussi pour la chair. Qu’est-ce en effet que l’homme, sinon un être vivant doué d’intelligence, composé d’une âme et d’un corps ? L’âme toute seule fait-elle l’homme ? Non, c’est l’âme d’un homme. Appellera-t-on homme le corps ? Non, on dit que c’est le corps d’un homme. Si donc aucun de ces deux éléments n’est à lui seul l’homme, c’est l’union des deux qu’on appelle l’homme. Or c’est l’homme que Dieu a appelé à la vie et à la résurrection : non pas une partie de lui, mais l’homme tout entier, c’est-à-dire l’âme et le corps. Ne serait-il donc pas absurde, alors que tous deux existent selon elle dans la même réalité, que l’un soit sauvé et pas l’autre ?

Justin de RomeSur la résurrection, 7 ; Cf. L’Homme icône de Dieu, Migne (« Les Pères dans la foi » n° 70-71), 1998, p. 77-80

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Le jour du soleil

Au jour qu’on appelle le jour du soleil [le dimanche], tous les habitants des villes ou des campagnes se rassemblent en un seul lieu. On lit les mémoires des apôtres et les écrits des prophètes autant que le temps le permet. Quand la lecture est terminée, celui qui préside prend la parole pour attirer l’attention sur ces beaux enseignements et exhorter à les suivre. Ensuite nous nous levons tous ensemble et nous recommandons les intentions de prière. Puis on apporte du pain, du vin et de l’eau. Le président fait monter de tout son cœur vers le ciel prières et actions de grâces, et le peuple répond par l’acclamation « Amen ! », un mot hébreu qui signifie : « Ainsi soit-il ».

Nous appelons cet aliment eucharistie, et personne ne peut y prendre part s’il ne croit à la vérité de notre doctrine et s’il n’a reçu le bain du baptême pour la rémission des péchés et la régénération. Car nous ne prenons pas cette nourriture comme un pain ordinaire ou une boisson commune. De même que, par la Parole de Dieu, Jésus Christ notre Sauveur s’est incarné en prenant chair et sang pour notre salut, ainsi l’aliment consacré par la parole même de sa prière et destiné à nourrir notre chair et notre sang pour nous transformer, cet aliment est la chair et le sang de Jésus incarné : telle est notre doctrine. Les apôtres, dans les mémoires qu’ils nous ont laissées et qu’on nomme évangiles, nous ont transmis ainsi la recommandation que Jésus leur avait faite : Il prit du pain, il rendit grâce et dit : « Faites ceci en mémoire de moi ; ceci est mon corps ». Il prit de même la coupe, il rendit grâce et dit : « Ceci est mon sang ». Et il les leur donna à eux seuls (Mt 26, 26s ;1 Co 11, 23s)… C’est le jour du soleil que nous nous réunissons tous, parce que c’est le premier jour, celui où Dieu a dégagé la matière des ténèbres pour faire le monde, et c’est le jour où Jésus Christ notre Sauveur est ressuscité des morts.

Justin de RomePremière Apologie, 67.66 ; PG 6, 427-431

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Le Messie attendu

À l’empereur Hadrien, Auguste César, et à Verissimus, son fils philosophe, et à Licius, philosophe, et au Sénat et à tout le peuple romain, en faveur des hommes de toute race qui sont injustement haïs et persécutés, moi l’un d’eux, Justin, de Néapolis [Naplouse] en Syrie de Palestine, j’adresse ce discours…

On nous objecte que celui que nous appelons le Christ n’est qu’un homme, né d’un homme, que les prodiges que nous lui attribuons sont dus à l’art de la magie et qu’il a réussi à se faire passer pour Fils de Dieu. Notre démonstration ne s’appuiera pas sur des on-dit, mais sur des prophéties faites avant l’événement, auxquelles nécessairement nous devons croire : car nous avons vu et nous voyons encore se réaliser ce qui a été prédit…

Il y eut chez les juifs des prophètes de Dieu par lesquels l’Esprit prophétique annonça d’avance les événements futurs. Leurs prophéties furent soigneusement gardées telles qu’elles avaient été prononcées, par les rois successifs de Judée dans des livres écrits en hébreu de la main même des prophètes…

Or, nous lisons dans les livres des prophètes que Jésus, notre Christ, doit venir, qu’il naîtra d’une vierge, qu’il parviendra à l’âge d’homme, qu’il guérira toute maladie et toute infirmité, qu’il ressuscitera les morts, que méconnu et persécuté, il sera crucifié, qu’il mourra, qu’il ressuscitera et montera au ciel, qu’il est et sera reconnu Fils de Dieu, qu’il enverra certains annoncer ces choses dans le monde entier et que ce seront surtout les païens qui croiront en lui. Ces prophéties furent faites cinq mille, trois mille, deux mille, mille, huit cents ans avant sa venue car les prophètes se sont succédés les uns aux autres de génération en génération.

Justin de RomePremière apologie, 1.30-31, trad. Oeuvres, Migne 1994, p. 48

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Qui est ce roi de gloire ?

Laissez-moi citer un psaume, dit par l’Esprit Saint à David ; vous dites qu’il se rapporte à Salomon, votre roi, mais c’est bien encore au Christ qu’il se rapporte… : « Dieu, donne au roi ton jugement » (Ps 71, 1). Parce que Salomon est devenu roi, vous dites que c’est de lui que parle ce psaume, alors que les paroles du psaume désignent très clairement un roi éternel, c’est-à-dire le Christ. Car le Christ nous a été annoncé comme roi, prêtre, Dieu, Seigneur, ange, homme, chef suprême, pierre, petit enfant par sa naissance, comme un être de douleur d’abord, puis montant au ciel, revenant dans la gloire avec la royauté éternelle…

« Dieu, donne ton jugement au roi et ta justice au fils du roi, pour juger ton peuple dans la justice et tes pauvres dans le jugement… Tous les rois de la terre se prosterneront devant lui ; toutes les nations le serviront »… Salomon a été un roi grand et illustre ; c’est sous lui que la maison qu’on appelle le Temple de Jérusalem a été bâtie, mais il est clair que rien de ce qui est dit dans le psaume ne lui est arrivé. Tous les rois ne l’ont pas adoré, il n’a pas non plus régné jusqu’aux extrémités de la terre, ses ennemis ne sont pas davantage tombés devant lui pour lécher la poussière…

Salomon n’est pas « Seigneur des puissances » (Ps 23, 10) ; c’est le Christ. Lorsqu’il est ressuscité d’entre les morts et est monté au ciel, on a ordonné aux princes établis par Dieu dans les cieux « d’ouvrir les portes » des cieux, afin que « celui qui est le Roi de la gloire entre » et monte « s’asseoir à la droite du Père, jusqu’à ce qu’il fasse de ses ennemis l’escabeau de ses pieds », comme il a été montré par d’autres psaumes (23, 109). Mais lorsque les princes des cieux l’ont vu sans beauté, honneur, ni gloire en son aspect (Is 53, 2), ils ne l’ont pas reconnu et ils demandaient : « Qui est ce roi de la gloire ? » (Ps 23, 8) L’Esprit Saint leur répond alors : « Le Seigneur des puissances, voilà le roi de la gloire ». En effet, ce n’est pas de Salomon, si glorieux fût-il en sa royauté…, que l’on a pu dire : « Qui est-il, ce roi de la gloire ? »

Justin de RomeDialogue avec Tryphon, ch. 34-36 (trad. Icthus, vol. 3, p. 176s rev.)

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Tout l’homme ressuscitera

La chair est précieuse aux yeux de Dieu, il la préfère entre toutes ses œuvres, donc ce serait normal qu’il la sauve… Ne serait-ce pas absurde que ce qui a été créé avec tant de soin, ce que le Créateur considère comme plus précieux que tout le reste, cela retourne au néant ?

Quand un sculpteur ou un peintre veulent que les images qu’ils ont créées demeurent afin de servir leur gloire, ils les restaurent lorsqu’elles sont abîmées. Et Dieu verrait son bien, son œuvre, retourner au néant, ne plus exister ? Nous appellerions « ouvrier de l’inutile » celui qui bâtirait une maison pour la détruire ensuite ou qui la laisserait s’abîmer quand il peut la remettre debout. De la même façon, n’accuserions-nous pas Dieu de créer la chair inutilement ? Mais non, l’Immortel n’est pas ainsi ; celui qui par nature est l’Esprit de l’univers ne saurait être insensé !… En vérité, Dieu a appelé la chair à renaître et il lui a promis la vie éternelle.

Car là où on annonce la Bonne Nouvelle du salut de l’homme, on l’annonce aussi pour la chair. Qu’est-ce que l’homme en effet, sinon un être vivant doué d’intelligence, composé d’une âme et d’un corps ? L’âme toute seule fait-elle l’homme ? Non, c’est l’âme d’un homme. Appellera-t-on « homme » le corps ? Non, on dit que c’est un corps d’homme. Si donc aucun de ces deux éléments n’est à lui seul l’homme, c’est l’union des deux qu’on appelle « l’homme ». Or c’est l’homme que Dieu a appelé à la vie et à la résurrection : non pas une partie de lui, mais l’homme tout entier, c’est-à-dire l’âme et le corps. Ne serait-ce donc pas absurde, alors que tous deux existent selon et dans la même réalité, que l’un soit sauvé et pas l’autre ?

Justin de RomeTraité sur la Résurrection, 8 (trad. OC, Migne 1994, p. 354 rev.)

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