Pensées d’automne
De loin les peupliers sont devenus
De grands frissons de branches et de brumes.
Leurs reflets renversés leur ressemblent
Et plongent droit dans cette eau grise
Comme leurs troncs dans le ciel d’argent terne.
Dans les bois nus loge un globe de gui.
Un corbeau y passe, et puis crie.
Le ciel semble noyé dans le canal.
Mais un chêne plus jaune que l’or,
Paré de toutes ses auréoles d’automne,
Trône soudain comme un soleil de feuilles.
J’ai cueilli son message, cherché le trésor
Intérieur et solaire enfoui dans ma poitrine
Et rendu grâce en m’éloignant
Quand je frottais mes pas parmi les feuilles mortes.
Daniel Vigne