Daniel Vigne, « Lanza del Vasto critique de Hegel », Conférence donnée en italien au Colloque international La filosophia di Lanza del Vasto (Université de Pise, 26-27 janvier 2007) sous le titre « Lanza del Vasto critico di Hegel », et en français à la Société Toulousaine de Philosophie (Institut Catholique de Toulouse, 2 juin 2007) sous le titre « Lanza del Vasto et Hegel » ; parue dans Recueil de Publications de la Société Toulousaine de Philosophie, année universitaire 2006-2007, p. 166-176. [pdf]
Lanza del Vasto critique de Hegel
Je suis très heureux de vous parler aujourd’hui d’un auteur que, forcément, vous connaissez peu, du moins en tant que philosophe. Lanza del Vasto est une grande figure de penseur engagé, d’apôtre de la non-violence, de fondateur de communauté, de sage ayant voyagé en Inde, éventuellement d’écrivain et de poète, mais qui penserait à lui comme à un métaphysicien ? Il n’a publié qu’un seul livre à caractère philosophique : La Trinité spirituelle, paru en 1971. L’auteur avait alors 70 ans, puisqu’il est né en 1901 et mort en 1981. Or, ce livre a été peu remarqué, car l’essentiel de son œuvre était déjà paru et les lecteurs habituels de l’auteur Lanza furent un peu surpris de découvrir sur le tard cet aspect très spéculatif de sa pensée. On l’entendait plutôt parler de justice et de partage, de respect de la nature et de conversion du cœur, que de catégories transcendantales ou d’ontologie relationnelle !
Pourtant, ce petit ouvrage était présenté par l’auteur lui-même comme son maître-livre, qu’il préparait, dit-il, depuis près de cinquante ans. Il faut savoir, en effet, que Lanza del Vasto était docteur en philosophie de l’Université de Pise, où il soutint en 1928 une thèse de doctorat intitulée Gli Approcci della Trinità spirituale. Que dès 1925, il avait rédigé pour un ami une thèse de droit intitulée Una Concezione dell’Etica e del Diritto. Qu’en 1932, il entreprit une réécriture complète de sa thèse de philosophie, sous le titre La Trinità spirituale, texte particulièrement important pour la question qui nous occupe aujourd’hui. Enfin, que durant toute sa vie, Lanza a consigné dans des carnets intitulés Viatiques des pensées numérotées, à caractère hautement philosophique, dont des centaines et même des milliers de pages sont encore inédites.
Tous ces textes, ainsi que d’autres, sont conservés dans la communauté de l’Arche qu’il fonda en 1948 et dont la maison-mère est aujourd’hui dans l’Hérault, près de Lodève. J’ai eu la grâce d’y vivre, à ses côtés, pendant un peu plus de deux ans, de 1972 à 1975. J’avais pour cela interrompu mes études de philosophie, mais je suis revenu par la suite vers cet amour de la sagesse dont lui-même m’avait donné le goût. En sorte que, devenu professeur de philosophie, j’ai ressenti comme une dette de faire connaître sa pensée. J’ai donc soutenu à la Sorbonne, en 2005, une thèse assez volumineuse (1123 pages) intitulée La Relation infinie. La philosophie de Lanza del Vasto, à paraître prochainement aux éditions du Cerf.
Le but de ce travail était de montrer que l’Université française gagnerait beaucoup à relire en profondeur l’œuvre de Lanza del Vasto pour en comprendre l’extraordinaire cohérence intellectuelle. Car cet homme d’action, pèlerin, artiste, musicien, et prophète à certains égards, fut aussi et d’abord un penseur systématique d’une grande précision et d’une grande rigueur. Nos Facultés de philosophie le présenteront-elles un jour comme l’auteur d’une philosophie originale, mais remarquable, comme une des grandes figures de ce XXe siècle qu’il a pourtant critiqué et combattu ? J’en suis personnellement convaincu.
Mais abordons le sujet précis qui nous occupe. Bien qu’il ne permette pas, loin de là, d’avoir une vue d’ensemble de la philosophie de Lanza del Vasto, il m’a semblé intéressant de l’aborder sous cet angle. Il ne sera pas possible, en peu de temps, d’analyser de façon exhaustive les rapports entre Lanza et celui qu’il nomme son « intime ennemi[1] » – puisque de tous les philosophes, Hegel est celui dont notre auteur est le plus proche, celui avec qui il entretient le débat le plus tendu et le plus subtil. J’ai donc choisi de me limiter aux principes fondamentaux de la philosophie hégélienne (à l’exclusion, par exemple, de ce qui concerne sa philosophie du droit), et plus précisément à trois questions : le problème de la Raison, le problème du Devenir et le problème de la Contradiction.
Le problème de la Raison
Si nous nous demandons, de façon générale, comment Lanza del Vasto considère le grand penseur germanique, la réponse a de quoi surprendre : comme le représentant d’un rationalisme confus. « Si l’œuvre majeure de Kant s’appelle Critique de la raison pure, celle de Hegel mérite le titre de Logique de la raison impure[2] », dit-il.
On peut trouver ce jugement sévère, et pourtant Lanza del Vasto l’affirme avec force, et aussi avec une certaine ironie : à ses yeux, Hegel n’est pas un penseur rigoureux. La réputation de métaphysicien génial que l’on a fait à ce penseur ne résiste pas à la lecture attentive de ses textes, où les concepts sont maniés de façon approximative – alors même qu’elle semble très systématique – et finalement décevante.
Le plus ancien écrit de Lanza del Vasto à ce sujet date de septembre 1926. Le jeune homme, qui va avoir 25 ans, habite alors Pise. Il note avec humour dans son Viatique :
| Tracer et fixer la méthode philosophique ! Essayez donc de fixer le mouvement, l’attitude du corps, comme s’il n’y en avait qu’un ! Hegel est celui qui dirait que le mouvement du corps consiste à avancer d’abord le pied droit, puis le pied gauche, pour se trouver dans une nouvelle position où le pied droit est poussé en avant, et ainsi de suite. Et tout cela est juste et beau. Mais je peux aussi, ô méthodique penseur allemand, marcher à reculons, ou sur le côté comme un crabe, ou à pieds joints, ou à grandes enjambées, ou à cloche-pied, ou faire le saut de la mort ! Ô philosophe germanique, j’ai aussi deux bras que je brandis, dix doigts que j’agite, deux poings que je serre, une poitrine que je gonfle, un cou et une tête que je peux tourner, et mille grimaces pour rire de ta gravité en marche[3] ! |
Un an plus tard, il note avec une ironie cinglante :
| Sous le commandement du capitaine Hegel, le régiment des philosophes entra – une, deux – au pas de l’oie dans le Paradis[4] »… |
Ces jugements moqueurs peuvent paraître juvéniles ; de fait, cinq ans plus tard, Lanza nuance son jugement :
| Je me suis décidé à lire la Logique de Hegel. Je me repens de l’avoir jugé avant de l’avoir lu. Vu à travers ses admirateurs italiens, il m’avait fait l’effet d’un charlatan. Sa philosophie, comme celle de Kant, est après tout une philosophie du Rapport, comme la mienne, et je suis frappé de la coïncidence de beaucoup de ses définitions avec les miennes. Reste l’axiome fondamental que je nie comme je nie celui de Kant. Ma lecture ne modifie pas ma position à l’égard de l’auteur, mais me force à l’admiration pour un ennemi si intime[5]. |
Un ennemi intime, voilà sans doute la meilleure façon de situer Hegel par rapport à Lanza del Vasto. Car ils ont en commun une idée capitale, un principe essentiel : la vision dialectique du réel. Pour l’un comme pour l’autre, toute chose est liée à toutes les autres et fait système avec elles. Mais cette intuition géniale, Hegel l’embrouille dans un rationalisme mal ficelé, affirme Lanza. Il lui reproche principalement deux faiblesses, sur le fond et sur la forme.
La première consiste dans une surévaluation de la raison, identifiée avec l’être lui-même. « Tout ce qui est réel est rationnel, tout ce qui rationnel est réel ». Lanza répond :
| L’identification de la raison avec l’être ôte à la doctrine de Hegel tout sérieux. Puisqu’il suppose le problème résolu, son fameux sens tragique de la réalité se réduit à contempler les allées et venues de l’esprit comme un jeu : un jeu de balançoire. L’esprit et l’être sont comme deux amants qui jouent à se violer[6]. |
Ce rapport mal posé entre l’esprit et le monde, entre le rationnel et le réel, fait que chez Hegel « tout problème est résolu avant que d’être posé : tout ce qui rationnel est réel, donc tout ce qui sort de l’esprit est vrai[7]. » Le point faible de cette « logique qui voudrait être une ontologie[8] » est « d’avoir tenté la naturalisation de principes absolus qui, sortis de leur sphère, perdent leur sens et se prêtent à des objections vulgaires[9]. » D’où un rapport faussé avec la science, comme le souligne le Viatique de 1969 :
| La confusion de l’ordre de la pensée avec la loi des choses, déjà critiquable chez Descartes alors que la science expérimentale en était à ses débuts, tourne chez Hegel au délire ; quand la nature ne se conforme pas à son système, il ne doute pas un moment du fait que c’est elle qui a tort[10]. |
La seconde faiblesse est la conséquence directe de la première : reposant sur de mauvaises bases, tout l’édifice est construit de travers. La forme et le style de l’œuvre de Hegel, dit Lanza, relèvent d’un « dogmatisme baroque et romantique ». « Sa méthode philosophique n’est autre chose qu’une discipline de la confusion systématique[11]. » Même lorsqu’il croit éclairer les phénomènes qu’il étudie, Hegel les rend obscurs. Lanza s’en amuse :
| Si la logique de Hegel n’était pas si pleine d’absurdités, de clowneries énormes exécutées avec un air terriblement sérieux comme les meilleures farces, elle ne serait pas tellement excitante[12]. |
Mais malgré ces critiques, toujours il revient vers Hegel comme vers un très grand philosophe, et toujours il conclut en nuançant son propos. C’est ainsi qu’en 1967, Lanza del Vasto s’enferme plusieurs jours dans une bibliothèque, à Marseille, et étudie à fond la Phénoménologie de l’esprit
| afin d’en avoir le cœur net. J’ai donc lu, étudié, ou pour mieux dire regardé, regardé avec stupeur se déployer le phénomène qui s’appelle Hegel, m’émerveillant de la capacité de ce raisonneur du siècle de remuer pendant des milliers de pages des phrases aussi creuses. Il n’est guère une de ses phrases qui ne soit une vraie et terrible tempête dans un verre d’eau. |
Mais au-delà de cette impression négative, l’auteur poursuit de façon beaucoup plus positive :
| Cela dit, affirmons, pour conclure, que Hegel est un penseur immortel. Il se situe à un tournant de la philosophie occidentale par où personne ne peut éviter de passer. La Dialectique et conciliation des opposés qui est le motif dominant de sa bouillonnante pensée se rattache aux plus antiques traditions humaines ainsi qu’aux mystères du Dogme chrétien. Il l’a réduite à une formule incomplète qu’il a manipulée avec une balourdise insigne. N’importe ! c’est un admirable outil dont on doit apprendre à faire usage après l’avoir aiguisé comme il faut.[13] |
Hegel est donc bien, pour Lanza del Vasto, un ennemi intime. Ils sont d’autant plus différents qu’ils sont proches. Soulignons en effet ce paradoxe : Lanza del Vasto affronte le rationalisme de Hegel, non pour le contester, mais pour exiger de lui davantage de rigueur conceptuelle et de précision logique. Lanza a un respect immense pour la Raison, mais il refuse l’erreur qui consiste à mal s’en servir, voire à l’utiliser à tort et à travers. Précisons cette critique à travers l’examen d’un concept capital : celui du Devenir.
Le problème du Devenir
La célèbre triade sur laquelle s’ouvre la Science de la Logique est, nous le savons, la clé de l’Encyclopédie des sciences philosophiques[14]. Être, Non être, Devenir : le mouvement qui unit ces trois concepts oriente toutes les autres triades et fait du Devenir la synthèse de toutes les contradictions. Dès 1922, Lanza découvre, parmi « les grands accords d’ouverture de cette symphonie cosmique[15] », la triade inaugurale dont découle tout le système. Mais comme il le dira malicieusement à Claude-Henri Rocquet, « si le premier bouton de la redingote du philosophe est boutonné de travers, tous les autres vont être boutonnés de travers[16] » ! D’où l’importance d’un examen sérieux de ce point de départ.
Dès 1926, Lanza lui oppose une remarque paradoxale : comment une philosophie du Devenir peut-elle prétendre être la philosophie qui achève l’histoire de la philosophie ?
| Hegel n’exalte le Devenir universel que pour pouvoir affirmer, de façon d’autant plus absurde, que sa petite philosophie l’arrête et le conclut[17]. |
Plus tard, cette critique se fait plus précise. Ce que Lanza del Vasto récuse, c’est l’illogisme qui consiste à placer le Changement au-dessus de tout. Il l’exprime dès 1928 : « Pour moi, à la différence de Hegel, le Devenir ne correspond pas au troisième terme, absolu, conclusif, définitif[18]. » En 1932, il exprime la même critique : « Le changement n’est pas la conciliation des contraires : ce n’est que l’élément négatif de l’univers[19]. » L’année suivante, Lanza précise encore :
| Il aurait fallu mettre le devenir comme antithèse de l’être et chercher la synthèse. La Triade hégélienne aurait alors acquis un sens, outre l’avantage de ne pas rester sur un terme dynamique, c’est-à-dire non définitif et impossible à ériger sur le plan de l’universel, du moins de l’absolu[20]. |
Mais c’est surtout dans la Thèse de 1932-1934 que s’exprime son refus de faire du Devenir le principe suprême. Ainsi Lanza écrit :
| Hegel a choisi l’entité la plus humble et la plus incertaine, et a voulu la transposer au plan universel et définitif. Mais à cette entité, seul convient le non-être, car le devenir n’est qu’un passage d’un terme à un autre et, dans cette mesure, a un sens ; dans l’universel et l’infini, en dehors de tout terme, il n’a aucun sens et il n’est pas[21]. |
Un autre passage dit avec force :
| Quand on considère le résultat que le philosophe obtient, laborieusement, de cette fécondation artificielle et inédite, à savoir le pur devenir, sans point de départ ni point d’arrivée, sans cause et sans but, sans détermination, ni forme, ni limites, ni loi, sans espace ni temps, sans esprit et sans substance, le pur devenir comme synthèse qui jamais n’advient, entre l’être qui n’est pas et le non-être qui n’est pas davantage, on ne le distingue pas du rien, du pur et simple rien. 0 x 0 = 0, tel est le premier des universels concrets[22]. |
Plus loin encore, une belle page philosophique affirme :
| Avoir posé comme la réalité suprême le Devenir, ce « naître-toujours qui n’est jamais », dirait Platon ; cet « acte du possible », dirait Aristote ; « ce qui a l’être, mais ne l’est pas », dirait Proclus ; ce « mélange et lieu des mélanges », comme dit Empédocle à propos de la nature, son synonyme. Avoir pris pour une union ce mélange ; pour une synthèse, ce qui par soi-même se disperse et se dilue ; pour une solution, ce qui représente le problème ; pour définitif, ce qui a à s’accomplir ; pour vérité, cette contradiction en acte. Avoir confié, enfin, au Devenir la conclusion des antinomies de l’esprit, c’est là un renversement contre lequel […] la tradition philosophique proteste unanimement[23]. » |
Ici, une question se pose. La réticence de Lanza del Vasto à l’égard d’une philosophie du Devenir est-elle argumentée ou seulement rhétorique ? A-t-elle une vraie justification logique ? L’auteur s’en explique : l’erreur de Hegel est de confondre les plans. Être et Non être, en tant que purs concepts, peuvent être conjugués et combinés autant qu’on voudra sur le plan des opérations mentales. Mais sur le plan de la réalité, ils s’excluent radicalement. Le Viatique de 1967 le dit :
| Certes, l’être et le néant comme affirmation et négation, c’est-à-dire en tant qu’opérations mentales, se présentent symétriquement comme des complémentaires indispensables l’un à l’autre. Mais ce qui les oppose, ce n’est pas seulement que l’une fait un geste à droite et l’autre à gauche, c’est que l’une possède un contenu et l’autre non. Le parallélisme est tout mental et sans équivalence réelle. Il ne peut donc y avoir de synthèse[24]. |
Déjà la Thèse de 1932 expliquait : « Il est possible d’unir, par la synthèse, les extrêmes opposés d’un rapport et d’exprimer ainsi ce rapport, qui est leur synthèse. Mais le non-être est, par définition, ce qui est privé de tout rapport. Le non-être ne peut avoir aucun rapport avec l’être ». Une image parlante illustre cette pensée :
| On a souvent remarqué qu’il était impossible et stérile, le projet d’accoupler être et non-être comme mâle et femelle : car s’il est possible que le mâle s’unisse à la femelle comme à son opposée (mais aussi sa semblable et sa complice), il est inutile d’espérer qu’il prenne pour épouse l’Absence-en-soi, en espérant qu’elle lui donne l’Être. Et quand bien même il l’épouserait, il est peu probable qu’il réussirait à engrosser ce fantôme ». |
Et l’auteur de conclure :
| Dire de l’être qu’il s’accouple avec le rien, ou dire qu’il ne s’accouple avec rien, c’est dire la même chose[25]. |
Mais cette argumentation ne résout pas complètement le problème, et Lanza le sait. En effet, la contradiction totale entre Être et Non-être n’est pas pour autant une aporie absolue si, au lieu d’en chercher la solution dans le Devenir, on la cherche, dit Lanza, sur un plan supérieur, c’est-à-dire infiniment supérieur. L’auteur l’affirme : « Le passage du néant à l’être se fait […] par l’infini[26]. » Voici sa démonstration :
| Le tiers terme que l’on devrait chercher très haut au-dessus de l’être et du néant, à l’infini, Hegel le met en dessous de l’être, dans le Devenir. C’est bien par le non-être que l’être s’écoule en Devenir, mais c’est décomposition, non synthèse[27]. |
| Ce n’est pas le dépassement de l’être, c’est sa chute et son écoulement[28]. » |
Ainsi peut-on conclure : « Être – Non-être – Devenir […] : absolument non[29] ! » Mais « Être – Non-être – Dieu, oui[30] ! »
Ajoutons encore une précision. La réticence de Lanza del Vasto à placer le Devenir au-dessus de tout pourrait paraître un retour à une philosophie « éterniste » et statique, comme chez Platon, dévaluant tout changement au profit de ce qui est immuable. Mais la pensée de Lanza del Vasto est plus subtile. En vérité, dit la Thèse de 1928, c’est justement l’erreur de Hegel d’avoir posé le Devenir comme un principe immuable et éternel ! On ne peut pas dire que le changement soit la seule chose qui ne change pas : le changement lui-même change, le Devenir devient !
Et que devient-il ? Lanza del Vasto répond : il devient Équilibre.
| L’universel changement, qui est encore plus universel et plus inclusif que ces théories ne le croient, emporte ces théories mêmes. Et le changement, lui aussi, change : il se transforme en équilibre infini, non cet infini particulier, immobile et vide, qui contient l’univers et n’est pas lui, mais en cet infini total, immuable, créateur, qui tout en maintenant l’univers du dehors, le pénètre du dedans ; en Dieu, qui sauve le monde du changement, du hasard et des divisions[31]. |
Ainsi cette réflexion sur la première triade hégélienne, loin de nous ramener au Dieu absolument immuable de la métaphysique classique, « concept cadenassé, clos, asphyxiant[32] », débouche sur une idée infiniment ouverte du divin. En 1926, Lanza en donne plusieurs définitions frappantes : « Dieu est la Forme définitive de l’Équilibre infini[33]. » « Dieu n’est pas unité, mais équilibre, quelque chose d’ouvert et de mouvant[34]. » « Dieu n’est pas une fin, mais un infini. Il est une voie, comme disent les Chinois (Tao[35]). »
Il ne s’agit pas ici de renouveler l’erreur du mobilisme hégélien, qui enferme Dieu dans le changement : il s’agit au contraire de faire entrer le changement en Dieu, qui est infiniment au-delà du changement. Le Viatique de 1926 dit :
| Les Romantiques ont fait de Dieu lui-même quelque chose qui croît. Mais ils ne peuvent s’empêcher d’appeler Dieu cet autre infini qui est nécessairement au-delà de toute croissance, et qui ne croît pas[36]. |
La Thèse de 1928 fait le même raisonnement. Dans l’idéologie rationaliste du XIXe siècle, constate l’auteur, « sous prétexte de Progrès, tout croissait ; même Dieu croissait et progressait[37]. » Mais cette vision contient une erreur logique :
| Hegel n’a pas réussi à comprendre qu’une chose qui croît est nécessairement finie, ayant au moins en dehors de soi sa future croissance ; que Dieu ne peut donc être ce qui croît, mais qu’il est ce en quoi les choses croissent, et que l’infinité de Dieu se prolonge dans la croissance et la création des choses[38]. |
Ainsi Lanza del Vasto aborde la question du Devenir comme celle de la Raison : non pour en nier l’importance, mais pour l’inclure dans une vérité plus ample, dans une réalité plus haute : celle de l’Équilibre infini, en d’autres termes de la Relation absolue qui est, pour lui, un des noms de Dieu.
Dans cette direction transcendante, comment la philosophie s’élève-t-elle ? Lanza del Vasto ne craint pas de répondre, comme Hegel : par un mouvement dialectique. Mais sa conception diffère de celle de Hegel sur la question de savoir quel est l’axe et le moteur de cette dialectique. Pour Hegel, c’est sur la Contradiction que repose le Prozess, c’est-à-dire le Devenir universel. Pour Lanza del Vasto, c’est dans la Conciliation que s’achève l’Équilibre de toutes choses en Dieu. Pour comprendre cette différence, il faut étudier de plus près le concept hégélien de «contradiction» en ce qu’il a de mal défini et de contestable.
Le problème de la contradiction
Revenons à la Science de la Logique. Si la première triade (Être – Non-être – Devenir) est bâtie de travers, toutes les autres le seront aussi, pourquoi ? Parce que dans le principe même de leur construction, c’est-à-dire le célèbre schéma dialectique « thèse – antithèse – synthèse », l’opposition entre la thèse et l’antithèse manque de précision. Hegel l’utilise à tout bout de champ, mais les termes qu’il oppose dialectiquement sont tantôt des Contradictoires, qui s’excluent ; tantôt des Complémentaires, qui s’attirent tout en s’opposant ; tantôt des Différents, qui se séparent sans s’opposer ; tantôt des Distincts, qui ne sont nullement incompatibles ; tantôt des Divers qui s’enrichissent mutuellement ; tantôt même des Degrés d’une même réalité, qui se présupposent l’un l’autre !
La Thèse de 1932 consacre un long passage à cette question, dont on reconnaît aujourd’hui qu’elle est, en effet, une faiblesse logique de la philosophie hégélienne.
| Hegel prend les uns pour les autres des Degrés qui s’impliquent et des Contraires qui s’excluent, et les traite de la même manière, celle des Opposés qui s’unissent, bien que les uns et les autres échappent, pour des raisons opposées, à ce traitement[39]. |
Quel est le vrai critère qui permettrait de sortir de cette confusion en établissant des distinctions cohérentes ? Lanza del Vasto le précise :
| La première erreur de Hegel est d’avoir ignoré la nature propre de l’Opposition, c’est-à-dire ignoré l’opposition originaire entre l’Intérieur et l’Extérieur[40]. |
Pour notre auteur, en effet, cette opposition fondamentale entre le Dehors et le Dedans (et non pas entre Affirmation et Négation) est la vraie règle de la dialectique. Mais cette erreur de Hegel n’est pas la seule. Lisons la suite du texte :
| Sa deuxième erreur est d’avoir mis en relation des Contradictoires qui s’excluent au lieu de s’opposer, qui se nient au lieu de s’unir. Sa troisième erreur est d’avoir forcé l’opposition antithétique entre des êtres simplement et qualitativement différents, qui ne s’opposaient pas parce qu’ils ne se rencontrent pas. Une quatrième erreur est de ne pas avoir distingué les Distincts des Divers[41] », etc. « Parfois, sa pensée cumule bravement une dizaine de niveaux de confusion[42] » ! |
Dans un tel maelstrom logique, l’esprit se perd. « Celui qui veut échapper à la tempête des opposés, quand bien même il possèderait tout l’or des Amériques et l’élixir de jouvence, s’il s’y aventure sans boussole, il ne risque rien de moins d’y perdre la tête. Et voici la boussole[43] », dit Lanza, qui construit dans le Viatique de 1969 ce qu’il appelle la « Rose des vents des Opposés[44] », une sorte de talisman logique qui est aussi une nouvelle Table des catégories.
La Rose des vents des Opposés
Ce schéma, sur lequel Lanza a beaucoup travaillé, est à la fois une réponse à Hegel et à Kant. Il montre que Lanza del Vasto ne rejette nullement le rationalisme classique, mais tente plutôt de le préciser et de le compléter. Oui, Lanza del Vasto est à sa manière un rationaliste : mais réconcilié avec le Réel, que la philosophie transcendantale de Kant suppose inconnaissable, et avec le Dieu chrétien que le panthéisme de Hegel transforme en un Processus. Les deux axes de ce schéma sont justement la marque de ce double réajustement.
À l’horizontale, la Ligne de réalité relie le monde subjectif et le monde objectif, l’interne et externe. Ceci en réponse à Kant, qui les sépare radicalement. De fait, le refus de l’idéalisme, même de l’idéalisme transcendantal kantien, est un des chevaux de bataille de notre auteur. Sortir de la « prison de verre » où Kant enferme l’esprit, le mettre en contact réel avec le réel, est une de ses préoccupations majeures. Lanza del Vasto est à sa manière un rationaliste, mais il est d’abord un réaliste.
Le second axe, vertical, de ce diagramme est la Ligne de valeur. Concept central, colonne vertébrale de la philosophie de Lanza del Vasto. C’est à Pise, qu’il l’a trouvée, cette direction transcendante, et sa clé de voûte : Dieu. Le Viatique raconte, comme une sorte de roman métaphysique, l’histoire de cette découverte. Je ne parle pas ici de la conversion de l’auteur en 1925 – magnifique récit, qui devrait être cité par toutes les anthologies de la philosophie spiritualiste du XXe siècle –, mais d’un épisode plus ancien, datant des environs de 1922. Le jeune étudiant était alors à la recherche d’un concept-clé qui permettrait de relier les deux concepts majeurs de la philosophie classique : la Qualité et la Quantité.
« Ce que je me demande, c’est s’il existe un suprême concept qui unit les deux. – Le Concept de Substance ? Non, car Substance exclut Quantité[45] », note-t-il dans le Viatique. Quel peut donc être ce troisième terme ? Pendant les années où s’élabore sa philosophie trinitaire, le problème hante le jeune étudiant. « Je ne sais, j’attends, j’écoute, j’attends que quelque chose réponde[46] », écrit-il. « J’ai beau aiguiser le regard, je ne vois rien. C’est plus difficile que de trouver une rime[47]. » « Je tourne et retourne la question dont aucun philosophe, que je sache, n’a trouvé la réponse, et je tourne et retourne à grands pas dans la ville de silence qu’on a si bien nommée Pisa cogitabunda[48]. » Malgré la difficulté, le jeune homme ne renonce pas :
| J’ai posé la grande question à Antonino. […] – Ah, dit-il, tu cherches la conciliatio oppositorum ? Giordano Bruno dit que « c’est grande magie ». Tu trouveras peut-être dans Hegel. » Il dit cela comme on vous conseille de chercher dans le dictionnaire[49] ! |
Fort de cette recommandation, il trouve dans l’Encyclo-pédie des sciences philosophiques (1817) et dans la Doctrine de l’Être (1812) une triade qui aurait pu, semble-t-il, exaucer son attente : Qualité, Quantité, Mesure.
« Mesure, dit Hegel, et c’est bien dit. Parmi ses trouvailles, c’est même une des meilleures. Mais c’est un à-peu-près, comme toutes les synthèses de Hegel[50]. » Certes, « pour mesurer, il faut quelque chose à mesurer, et qu’on la reconnaisse à ses qualités, et il faut un nombre pour déterminer la mesure. Pourtant, Mesure n’est pas la parfaite fusion des deux concepts[51]. » En effet :
| La Mesure n’est pas le troisième terme, c’est la répétition du second. La Mesure, c’est l’application de la Quantité. Que fait la quantité ? Elle mesure. C’est donc le verbe dont Quantité est le sujet. Mais la Qualité ? Elle échappe de partout à la mesure. Elle ne mesure pas, au contraire, elle distingue et diversifie. Basta[52] ! |
Peu à peu la réflexion de Lanza se précise et s’élève. Il comprend que la solution à ce problème logique se situe au-delà de la logique. Il comprend qu’au-dessus de la « pensée calculante » (comme dirait Heidegger) qui détermine des quantités, mais aussi au-dessus de la sensibilité qui perçoit des qualités, c’est la dimension morale et religieuse de l’esprit qui le couronne et l’accomplit. Il écrit en 1922 :
| Sens de la Qualité, conscience du Temps sont du domaine de l’Art. Connaissance de la Quantité, mesure de l’Espace sont du ressort de la Science. Le joint doit se trouver du côté de l’Infini, dans le champ de l’Éthique[53]. |
De fait, à cette époque se produit la découverte attendue. Lanza en donne dans le Viatique un récit savoureux :
| Je parcours la ville en haletant car je cherche mon frère. Je le cherche sous les arcades, sur le pont, dans les cafés. J’interroge les passants : Avez-vous vu mon frère ? Lorenzo, l’avez-vous vu ? – Oui, il a passé par ici ! Oui, oui, il a passé par là ! Enfin, à un tournant je le rencontre, essoufflé lui aussi. Je lui crie : – J’ai trouvé ! Il demande : – Quoi ? – Qualité, Quantité, le troisième terme ? – Moi aussi, j’ai trouvé ! ! – Dis vite ! dis vite ! – Valeur. – Oui, Valeur[54]. |
Ici la différence entre le système hégélien et celui de Lanza del Vasto apparaît en pleine lumière. Car la Ligne de valeur, sur laquelle se situe l’Éthique, est aussi l’axe de la Religion. C’est par elle que l’esprit s’élève vers l’infini, c’est en elle que culminent les deux autres puissances spirituelles : la Sensibilité et l’Intelligence, qui s’expriment respectivement dans l’Art et dans la Science. On trouve donc chez Lanza del Vasto une triade qui n’est pas sans rappeler celle de l’Esprit absolu dans la pensée hégélienne, mais qui en diffère profondément :
Science Éthique, Religion
Art Religion Art Science
Hegel Lanza del Vasto
Cette constatation nous met sur la voie d’un dernier problème, qu’il ne nous sera pas possible d’approfondir ici : celui du Mal. Sur cette question encore, Lanza del Vasto diffère de Hegel, pour qui le mal est en quelque sorte un « moment nécessaire » du Processus universel. La négation n’est-elle pas le ressort de tout progrès ? Non, répond Lanza, « le mal n’est pas le « ressort de l’évolution », il est l’absence ou le manque d’évolution[55]. » Notre auteur s’explique :
| Les hégéliens, partant du caractère positif et relatif du mal et de l’erreur, en font un point d’appui de leur dialectique inconsidérée, et déclarent que le mal et l’erreur sont les « ressorts de l’évolution ». Alors qu’en vérité, ils en sont l’arrêt de par leur qualité positive elle-même, cause de la jouissance et de l’attachement à leurs limites qui les caractérise[56]. |
En réalité, « c’est le repentir du mal et la réfutation de l’erreur qui sont les ressorts de l’évolution. Ce qui n’est plus un paradoxe hégélien, mais bien une vérité chrétienne[57]. »
Conclusion
Derrière la question du mal, se profile encore celle de la violence, que Hegel considérait comme un mal historique nécessaire, et de la guerre qu’il voyait comme « la plus haute expression de l’État » avant que Marx et Engels n’en fassent « l’accoucheuse de l’histoire ». On devine que Lanza del Vasto, disciple de Gandhi et témoin direct des deux Guerres les plus meurtrières que l’humanité ait connues, ne saurait approuver de telles conceptions. Il les récuse, non seulement d’un point de vue philosophique, mais par l’engagement de toute sa vie. Car la « dialectique de la Conciliation », dont nous avons ici tracé quelques lignes, est beaucoup plus qu’un système théorique. Elle fut pour Lanza del Vasto un principe d’action et d’engagement, un projet existentiel concret et pratique.
Ici la différence entre les deux penseurs éclate au grand jour. Car pour le grand professeur de Berlin, « vivre avec son temps » consistait surtout à lire le journal ! Hegel, on le sait, est resté à distance de tous les événements de son siècle, se contentant de les comprendre et de les théoriser. Pour notre Serviteur de paix, au contraire, c’est dans le travail manuel et la vie communautaire, les jeûnes et l’action publique, l’infatigable apostolat et les voyages au bout du monde, qu’il s’agissait de proposer et vérifier la pertinence de ses idées.
Oui, Lanza del Vasto fut un philosophe « de plein vent » et de combat, d’autant plus engagé dans son siècle qu’il y avançait à contre-courant. Originalité extrême, pour l’authentique métaphysicien qu’il était, d’avoir ainsi renoncé à la spéculation et opté pour un véritable changement de vie. Plutôt que la Contradiction comme concept, il choisit la Conversion comme programme. Plutôt qu’être « la conscience de l’histoire », Lanza del Vasto voulut être, jusqu’au bout, un homme conscient de ses devoirs.
Il n’en a pas moins, je le crois, marqué profondément son siècle. Conjuguant en sa personne, de façon très originale, une puissante réflexion conceptuelle et des choix de vie conformes à ses idées, Lanza del Vasto a toutes les chances de résister aux modes et d’apparaître à tous, un jour ou l’autre, pour ce qu’il est : une grande figure de l’histoire de la pensée. Au-delà de ce qui le sépare de Hegel, une commune puissance intellectuelle les rapproche et l’associe aux plus nobles figures de l’humanité. Cette grandeur, comment l’appeler autrement que le génie[58] ?
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- Viatique XVI inédit, 5746. ↑
- Viatique XXI inédit, 164d. ↑
- Viatique X inédit, 2618 (trad.) ↑
- Viatique XII inédit, 3596 (trad.) ↑
- Viatique XVI inédit, 5746. ↑
- Viatique XI inédit, 3349. L’image de la balançoire évoque la dialectique hégélienne définie comme Shaukelsystem. ↑
- Viatique XVI inédit, 5581². Litt. : « Il y a plus qu’à faire des degrés […] de la méthode » (nous corrigeons). ↑
- Viatique XXI inédit, 164d. ↑
- La Trinità spirituale inédit, 2. 27, p. 86 (trad.). ↑
- Viatique XXI inédit, 164d. ↑
- Viatique XVI inédit, 5581². Litt. : « Il y a plus qu’à faire des degrés […] de la méthode » (nous corrigeons). ↑
- Le Viatique I, IV, 1, p. 132. ↑
- Viatique XXI inédit, 164d. ↑
- Hegel, Encyclopédie des sciences philosophiques, I, La Science de la Logique, Paris, Vrin, 1970, p. 348-353. ↑
- Le Viatique I, III, 22, p. 111. ↑
- Les Facettes du cristal, p. 157. ↑
- Viatique X inédit, 3048 (trad.). ↑
- Viatique XIII inédit, 3803 (trad.). ↑
- Viatique XIV inédit, 5145. ↑
- Viatique XVII inédit, 6106. ↑
- La Trinità spirituale inédit, 2. 27, p. 85 (trad.). ↑
- La Trinità spirituale inédit, 2. 27, p. 83 (trad.). ↑
- La Trinità spirituale inédit, 2. 29, p. 102 (trad.). ↑
- Viatique XXI inédit, 151d. ↑
- La Trinità spirituale inédit, 2. 27, p. 82 (trad.). ↑
- Le Viatique I, I, 39, p. 60. ↑
- Le Viatique I, IV, 4, p. 136. ↑
- La Trinité spirituelle, p. 177. ↑
- Viatique XXI inédit, 151d. ↑
- Les Facettes du cristal, p. 157. ↑
- Gli Approcci della Trinità spirituale inédit, A1, p. 7 (trad.). ↑
- Viatique X inédit, 2877 (trad.). ↑
- Viatique X inédit, 2875. ↑
- Viatique X inédit, 2876. ↑
- Viatique X inédit, 3046 (trad.). ↑
- Viatique X inédit, 3049 (trad.). ↑
- Gli Approcci della Trinità spirituale inédit, A1, p. 7 (trad.). ↑
- Gli Approcci della Trinità spirituale inédit, A1, p. 7 (trad.) (phrase rayée dans le texte). ↑
- La Trinità spirituale inédit, 2. 29, p. 100. ↑
- La Trinità spirituale inédit, 2. 29, p. 96. ↑
- La Trinità spirituale inédit, 2. 29, p. 97. ↑
- La Trinità spirituale inédit, 2. 29, p. 96. ↑
- Viatique XVII inédit, 6094 (trad.), avec la mention : « À consulter pour une critique du système de Hegel » ; La Trinità spirituale inédit, 2. 28, p. 92 ; La Trinité spirituelle, p. 181. Nous synthétisons dans ce schéma les trois présentations, prenant surtout appui sur la deuxième. ↑
- Viatique XXI inédit, 164d ; l’auteur dit « la Thèse de 1927 », mais il s’agit de celle de 1932. ↑
- Le Viatique I, III, 3, p. 97. ↑
- Le Viatique I, II, 6, p. 67. ↑
- Le Viatique I, III, 19, p. 110. ↑
- Le Viatique I, III, 3, p. 97. ↑
- Le Viatique I, III, 21, p. 110 ; cf. La Trinité spirituelle, p. 181. ↑
- La Trinità spirituale inédit, 2. 26, p. 75 (trad.) ; cf. Hegel, Encyclopédie des sciences philosophiques, I, La Science de la Logique, trad. B. Bourgeois, Paris, Vrin, 1970, Livre I, 3ème section : « La Mesure ». ↑
- Le Viatique I, III, 3, p. 97. ↑
- Le Viatique I, III, 22, p. 112. ↑
- Le Viatique I, III, 9, p. 104. ↑
- Le Viatique I, III, 25, p. 113. ↑
- Le Viatique II, XIII, 34, p. 109 (=Viatique XIII inédit, 3791). ↑
- Viatique XX inédit, 6983. Litt. : « la confutation de l’erreur ». ↑
- Viatique XX inédit, 6983. ↑
- Cf. Lanza del Vasto, un génie pour notre temps, Actes du Colloque de l’Institut Catholique de Toulouse (20 mai 2006), éd. D. Vigne, Toulouse, Faculté de Théologie, Cahiers de Théologie spirituelle n° 3. ↑